« Nous sommes plus populaires que Jésus ». C’est à cette boutade lancée par John Lennon pour souligner à quel point The Beatles étaient adulés, que réfère le titre du one man show de Rick Miller mis en scène par Daniel Brooks : Bigger than Jesus. Depuis le 31 mai le Théâtre d’Ailleurs est en ville, et c’est la description de ce spectacle concept/messe qui m’a le plus accrochée dans la cuvée 2007 :
Même les catholiques pratiquants l’admettront : la messe, ça peut être ennuyant. Mais quand le prêtre qui l’officie se nomme Rick Miller et qu’il troque la sacristie pour la scène, le calice pour la caméra et les paraboles pour les marionnettes, même les athées les plus endurcis se convertissent. Mettant à profit ses talents de comédien, d’imitateur et de chanteur, Miller mène cette pièce-messe d’une main de maître, faisant d’un même souffle rire et réfléchir, découvrir et admirer. Car une fois débarrassée de son poids sacré par l’esprit malicieux de Miller, l’histoire du Christ nous apparaît dans ce qu’elle a de touchant et de véritablement universel. Hybride du one-man-show, de la pièce à sketches et du spectacle multimédia, Bigger Than Jesus se sert d’effets spéciaux et de projections vidéo pour changer constamment de focus, nous transportant ainsi ailleurs, très loin, jusqu’au fond du désert israélien.
Faut croire qu’on a été plusieurs à être intrigués, car c’est le seul spectacle de la programmation qui affichait complet selon le site de l’événement. Rick Miller donne une performance de 75 minutes assez époustouflante. Cet anglophone parfaitement bilingue, livrait pour la première fois ce soir sa pièce en français et on n’y voyait que du feu. Il a l’habitude puisqu’il l’a déjà interprétée en anglais, en allemand et en italien. Pour vous donner une idée du genre de concepts originaux que génère cet auteur/concepteur, il promène en tournée depuis 10 ans le spectacle MacHomer, une reprise du Macbeth de Shakespeare mettant en vedette les personnages des Simpsons!
Dans Bigger than Jesus il incarne un Jésus fort actuel, qui nous raconte son histoire en divers tableaux ponctués d’extraits d’une célébration eucharistique. Pas de temps mort car on passe de l’historique du nouveau testament, au discours d’un preacher survolté qui veut qu’on réveille le Jésus en nous. Certains tableaux sont d’un humour complètement absurdes, comme cette scène d’anthologie où il recrée la dernière Cène à l’aide de figurines et dans laquelle Homer Simpson fait office de Judas, ou lorsque Jésus donne de judicieux conseils qui vont de « Aimez-vous les uns les autres » à « Soulever toujours avec les jambes ».
Il relève le défi de ne jamais tomber dans l’humour déplacé qui pourrait frôler le manque de respect. C’est drôle, mais pas méchant ou irrévérencieux. La « morale » de son show (si on peut s’exprimer ainsi) c’est que la vie de Jésus est une très belle histoire qu’on soit croyant ou non, mais qu’à travers les siècles on l’a récupérée à divers fins pas toujours… catholiques!
La mise en scène très imaginative, qui n’est d’ailleurs pas trop loin de l’univers de Robert Lepage, souligne toujours très bien le propos avec l’utilisation très adéquate d’accessoires multimédias. Après la représentation, on a aussi eu droit à un échange des artisans de la pièce avec le public. Beau moyen pour Rick Miller de partager sa vision et son cheminement et pour nous d’en apprendre un peu plus. Un complément de soirée très cool.
D’un projet à un autre, Rick Miller fait aussi parti de la distribution de la dernière pièce de Robert Lepage, Lipsynch, qui vient tout juste d’être présentée à Montréal. Eh bien grosse surprise! Alors que partout on se questionne quand cette nouvelle oeuvre sera enfin présentée à Québec, j’ai découvert sur le site de Rick Miller que ça s’en vient en décembre 2007! Rien à nulle part à propos de la vente des billets, mais cette excellente nouvelle conclue vraiment très bien ma soirée. Vous l’aurez appris ici en primeur! :-)
Beau scoop! Rick Miller était excellent et hautement polyvalent dans LipSynch.