Radio-Can c’est bien beau, mais il n’y a pas que ça dans la vie. Eh oui, il y a d’autres stations qu’il fait bon écouter parfois et CKRL fait partie de celles-là. Je ne suis pas assidue autant que je voudrais bien l’être car certaines habitudes d’écoute demeurent, toutefois j’apprends à découvrir quelques plages horaires qui me plaisent et qui font changement du format radio-canadien.
Je me suis déjà exprimée sur la montréalisation de la culture, et l’un des dommages collatéraux de cette situation-là est le peu de temps horaire made in Québec qui lui est consacré. Oublions la télé et jettons un bref coup d’oeil sur la radio. Il y a trois types de « familles » radiophoniques en ondes : le privé (les Rock Détente et Énergie de ce monde), le public (SRC) et le communautaire / universitaire. Sans entrer dans les détails car ce n’est pas le principal propos de ce billet, plusieurs heures de la première catégorie sont consacrées à la musique populaire, la publicité et les émissions réseaux (lire qui proviennent de Montréal). Dans le cas de la radio publique (qui existe grâce à nos sous), les quelques plages horaires réalisées à Québec qui laissent s’exprimer les artisans de la culture (chanteurs, musiciens, comédiens, écrivains, etc.) sont imbriquées dans les émissions qui traitent de sujets plus généraux comme les émissions du matin ou du retour à la maison. Il n’existe pas d’émission strictement consacrée à la culture.
Les stations communautaires elles, ont à l’horaire des crénaux consacrés bien sûr à la musique (émergente, jazz, métal ou classique) mais aussi des émissions spécifiques où l’on parle de théâtre, de danse, de littérature ou même d’arts visuels. CKRL qui se définie elle-même comme « La radio des découvertes », est la plus vieille station communautaire francophone au monde et son rôle est extrêmement important pour la diffusion de la culture à Québec. On y prend le temps de recevoir les artistes pour autre chose qu’un topo de 45 secondes ou une entrevue de 4 minutes pour parler d’un lancement d’album, d’un livre, d’un spectacle ou d’une démarche artistique.
Pourquoi ce plaidoyer ce matin? L’indépendance des radios communautaires a un coût. Même si ces stations profitent d’une armée de bénévoles engagés (125 à CKRL), ça prend de l’argent pour payer le loyer, les micros, les consoles, l’électricité, les casques d’écoute et tutti quanti. Jusqu’à dimanche soir, CKRL présente son radiothon annuel. L’occasion d’un gros party radiophonique tout en solicitant les auditeurs à faire un don. Programmation éclatée, invités spéciaux, même un encan où une vingtaine de lots à saveur culturelle sont proposés. On peut écouter CKRL en ligne, la programmation de la fin de semaine quant à elle est disponible ici. Jetez-y une oreille, découvertes à l’horizon.
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