Un peu par hasard, j’ai appris que Télé-Québec diffusait ce soir (de façon pas mal confidentielle je trouve) le documentaire « Elle s’appelle Sabine », présenté l’automne dernier au Festival du Nouveau Cinéma. C’est le premier film de l’actrice française Sandrine Bonnaire qui a décidé de raconter l’histoire de Sabine, sa soeur de 38 ans, autiste.
Suite au visionnement, je suis encore un peu troublée. Ce mélange de films d’archives familiales où une Sabine bien entourée et stimulée semble mener une vie à peu près normale, versus ces images tournées plus récemment qui nous la montre très diminuée et fortement médicamentée suite à un internement de 5 ans dans un hôpital psychiatrique, est très touchant et dérangeant. C’est dur de voir que les problèmes d’encadrements conjugués avec des difficultés à poser un bon diagnostique, compliquent le traitement de la maladie mentale. Que le film ait été tourné par la soeur de Sabine, amène une sensibilité qu’on n’aurait pu atteindre autrement. Un excellent film.
Malheureusement, on précise sur le site de Télé-Québec qu’il n’y aura pas de rediffusion.
Troublant de constater à quel point l’humanité peut être précise sur certains aspects, et
confuse sur d’autres. Exemple: la fission nucléaire versus la maladie mentale.
On se néglige outrageusement d’un côté, pendant qu’on s’analyse au microscope de l’autre.
Le film de Sandrine Bonnaire est très éclairant
sur cette vérité.