Pauvre Richard! Richard??? Eh oui ce vaillant Richard, LE défenseur de l’illettré en devenir, qui prétend dans Le Devoir d’aujourd’hui que : «Ce ne sont pas les faiblesses de l’élève qui devraient intéresser l’évaluateur, mais plutôt ses forces: on devrait valoriser ce qui est réussi et non mesurer ce qui est raté».

Quelle farce, quelle triste farce devrait-on ajouter! Quand cessera-t-on de se faire croire que la meilleure façon d’encourager le jeune est de le complaire dans sa médiocrité? « Tu as fait 46 fautes d’orthographe dans ton test de 900 mots? C’est pas grave voyons! Au moins tu as bien raconté ton histoire et on comprend ce que tu veux dire. Bravo, on t’accorde la note de passage! ». Cette citation ne vient pas du Richard ci-haut mentionné, c’est de l’ironie*. Sans tomber dans la démagogie de pacotille, je n’en reviens pas que des fonctionnaires dignement payés ont pu seulement imaginer qu’un tel rapport pouvait avoir un avenir. Ce dont ont besoin les étudiants qui ont des carences en français c’est d’un sérieux coup de main avant qu’il ne soit trop tard, pas d’une petite tape dans le dos.

Notre langue est malade, et malheureusement il est déjà minuit moins cinq quand on prétend vouloir réparer les pots cassés rendu à la dernière année du Cégep. Oui, il faut trouver des solutions plus tôt car des générations sacrifiées il y en a à la pelle. Cessons de démoniser le clavardage ou l’ordinateur, bien des gens de mon âge ou un peu plus jeune qui n’ont pas vécu leur adolescence un clavier à la main, ne savent même pas encore quand utiliser « é » ou « er » lorsqu’ils accordent un verbe! J’ai vu ma pôvre mère, Sainte Prof de Français de son état avant une retraite bien méritée, jongler avec les différents programmes qui changeaient selon le bon vouloir des fonctionnaires du ministère de l’éducation. Cette année? On privilégie la lecture des textes d’opinion. Deux ans plus tard? C’est maintenant la mode des exposés pour promouvoir l’expression orale chez le jeune de première secondaire (car bien sûr, les fonctionnaires ont probablement dû pondre un autre satané rapport pour qu’on remplace « le secondaire un » par « la première secondaire » !).

À quand le retour de la dictée tous les matins à tous les niveaux, primaire, secondaire, collégial? Juste ça, me semble qu’on monterait la moyenne d’une bonne coche. Lire un livre par mois mettons. Juste un (je ne suis pas trop exigeante quand même) avec un résumé d’une page à faire. 10 livres par année, ça aussi ça augmente la moyenne d’une très grosse coche! Pourquoi moi j’y pense gratisse, pis ceux qui sont payés pour ça pondent des rapports?

Heureusement il y a de l’espoir! Pour le plus grand soulagement d’à peu près tout le monde, Madame la ministre a balayé du revers de la main ces recommandations farfelues. Un autre rapport qui va se retrouver sur les tablettes…

* Pour les lecteurs visés par le projet de réforme et qui ont certaines déficiences en français, Ironie : Manière de se moquer en disant le contraire de ce qu’on veut exprimer. Dixit le dictionnaire, Dictionnaire : recueil de mots…