Festival d'été de Québec

Soirée étonnamment chaude hier au Carnaval de Québec…

Maudit qu’y faisait frette. Pas froid, FRETTE. Et votre humble serviteur, tout de bermudas vêtu, n’a rien fait pour contrer les éléments. Heureusement, j’ai assisté hier au meilleur programme du festival et j’ai bien fait de résister au vent et au froid jusqu’à la toute fin.

Catherine Pogonat, bien-aimée ex-animatrice de Bande à part et grande fan de musiques alternatives, agissait à titre de maître de cérémonie en cette soirée toute électronique. Le dj montréalais Ghislain Poirier fut le premier en piste, accompagné de son portable et de son batteur. Vu l’horaire chargé, il n’a été en piste que 20 minutes mais son hip-hop teinté de bidouillages a mis les choses en contexte efficacement. Poirier avait également la tâche de garder le public dans le « mood » entre les prestations.

Dee (alias Martin Granger), que je ne connaissais pas du tout hormis le fait qu’il a supervisé la trame sonore du film « Horloge biologique », a fait grimpé le niveau d’enthousiasme d’un cran. Très groovy et colorée, sa musique fait un peu penser à du Jamiroquai. Épaulé de cinq musiciens et une choriste, son spectacle fut des plus appréciés par une foule (surprenamment nombreuse) qui s’était visiblement déplacée pour voir DJ Champion. Dee a néanmoins réussi à attirer l’attention de tous. À surveiller de près!

J’avoue que Plaster était la principale raison de ma présence au Pigeonnnier. Ce trio montréalais m’avait beaucoup impressionné avec son album « Fist Aid Kit » (espèce de mélange de breakbeat, de space techno, d’acid-jazz et de drum ‘n bass). Leur approche plus expérimentale n’a peut-être pas plu à la masse mais plusieurs passages très puissants relevés par une batterie déchaînée ont attiré l’attention. La fierté de Saint-Romuald et la coqueluche de la pop au Québec, Ariane Moffat, a fait une apparition surprise vers la fin du spectacle de Plaster pour interpréter deux chansons, dont une de son dernier album. Même si la foule fut visiblement ravie de cette visite inattendue, les deux pièces à saveur plus planantes ont « cassé » un peu l’atmosphère. Plaster a quand même largement comblé mes attentes.

DJ Champion et ses G-strings ont par la suite envahi la scène vers 22h15. Accompagné d’une bassiste et de quatre guitaristes, le king de l’électro au Québec a fait honneur à sa réputation de bête de scène en soulevant la foule comme on le voit rarement. Fin renard, Champion sait comment tirer les bonnes ficelles pour faire danser, voire délirer son audience. Sa musique n’a rien de bien originale et est bâtie selon le même pattern. La pièce débute en douceur, puis monte dans un crescendo irrésistible jusqu’à l’apothéose. Et on recommence comme ça, en loop jusqu’à la fin. Tout est réglé au quart de tour et c’est efficace à mort. Champion s’occupe des beats et de la direction de son orchestre et les guitares s’occupent de colorer le tout.

À partir du milieu de la prestation, on eu droit à l’apport vocal de Betty Bonifacci (j’épelle comme il faut, j’espère?), la même qui prête sa voix à la trame sonore des Triplettes de Belleville. Madame Bonifacci possède une belle énergie et une voix vraiment particulière qui cadre très bien dans le trip de Champion. C’est pas des farces, on se serait cru dans un rave à la toute fin. Champion a conquis tout le monde à en juger par l’ovation monstre qu’on lui a fait. Lui-même semblait secoué. C’était largement mérité car Champion aura réussi à faire grimper le mercure de quelques degrés. Pas mince comme exploit en cette soirée de fin octobre!

En passant, avez-vous remarqué que la dernière pièce était une reprise techno de « The Wizard », un (très) vieux classique de Black Sabbath? On aura vraiment tout entendu…