Festival

Après la soirée électronique qui a provoqué des rushes d’adrénaline à faire courir n’importe quel cheval 6 jours en ligne non-stop, retour au gros rock pesant au Pigeonnier. Assez pesant d’ailleurs pour que j’eusse une petite pensée à l’égard de ces volatiles qui crèchent aux abords de la scène. Qu’ont-ils pensé de Champion? Réagissent-ils bien aux fuzz de guitare? Les effluves diverses qui pénètrent dans les multiples trous du-dit «pigeonnier» les font-ils voler croche?

Le jour 6 ayant été «callé off», retour à l’horaire normal du parfait festivalier en ce jour numéro 7 (ça passe vite!!!!!) avec un programme fort bien chargé : Karkwa, Malajube, Louise Attaque. En voyage d’affaire dans la métropole Burp me laisse allégrement tomber, mais comme on avait déjà vu Karkwa et Louise Attaque en spectacle l’hiver dernier c’est un moindre mal pour lui.

Entrée en scène dès 18hre pour Karkwa. Moins 10 points pour la madame qui les présente en évoquant leur dernier album «Les tremplins s’immobilisent» (t-r-e-m-b-l-e-m-e-n-t-s), quand t’as juste 3-4 lignes à dire en intro, me semble que ça vaut la peine de t’assurer que tu dis les bonnes affaires par respect pour le groupe. Très poche. Pas de temps à perdre avec la linguistique, les guitares se mettent déjà à sonner comme une tonne de brique et c’est clair que les gars ont le goût de se défoncer. L’intensité des textes conjuguée avec l’ardeur qu’on met dans l’interprétation rend justice aux excellentes pièces de l’album, et malgré ce qu’implique un concert extérieur devant une foule qui se masse lentement mais sûrement sur le site, Karkwa offre une performance solide.

Comme 2è service, «ze» phénomène : Malajube. Depuis que le nom de se groupe a franchi les lèvres d’un Pierre Lapointe revendicateur au dernier gala de l’ADISQ, une aura en néon rose fluo semble les suivre. Restée froide face à leur Compte-Complet, je suis maintenant abonnée à Trompe-l’oeil malgré mes réticences initiales. En concert? Des machines de rock’n'roll! Plus chanceux que Karkwa, c’est une Catherine Pogonat vendue à leur cause et groupie avouée qui a fait les présentations. N’allez pas vous imaginer que Julien Mineau est plus audible que sur l’album, c’est encore pire «live» mais on dirait que c’est pas grave. Leur énergie est contagieuse et on en remercie leur maman qui sont allées mollo sur leur dose de Ritalin ce matin. On saute partout, on cabotine entre les chansons, on est content d’être là et surtout on fait du rock’n'roll. Très efficace et ça promet pour l’avenir de ce type de musique au Québec.

En guise de dessert les toujours pros de Louise Attaque ont été fidèles à ce que j’avais vu au Grand Théâtre en mars. On offre aux fans ce qu’ils attendent, on passe allégrement des pièces de leur Crocodile que j’ai presque usé à la corde, aux valeurs sûres qui les ont fait connaître ici. Un hit comme «Tu dis rien» provoque toujours le même effet choc et la foule en redemande encore. J’ai quitté avant la fin pour cause de lift, mais j’en ai eu amplement pour mon argent.