Epicure aime bien savoir qui se cache derrière ceux et celles qui commentent sur ce blogue. Leur nom véritable, leur occupation, leurs intérêts, ce qu’ils mangent, lisent, écoutent. Moi, cet intérêt se divise par quatre. Quand je vois un commentaire intéressant, je clique pour en savoir un peu plus, mais ça s’arrête à peu près là.
- Epicure : « Savais-tu que René travaille pour blablabla… »
- Burp: « Ha… serait-ce l’information dont je me câlisse? »
… lui répondais-je pour la taquiner, avec une sincérité à peine dissimulée.
René donc, tant qu’à parler de lui. René était un commentateur régulier sur ce blogue depuis environ deux ans. Ben, régulier… disons qu’il faisait le tour de ses blogues deux fois par semaine et commentait sur à peu près tous les billets qu’on avait écrit.
- Epicure : « René vient de faire sa run de lait. Il a laissé quatre commentaires »
René donnait l’impression d’être un gars heureux d’être content. Ses commentaires étaient toujours très positifs et se terminaient souvent par un point d’exclamation. Étant de nature un peu grincheuse, ça m’énervait un peu, mais bon.
J’ai remarqué il y a quelques semaines que René ne venait plus laisser son paquet de commentaires hebdomadaire. N’étant pas un habitué de son blogue, j’ai passé outre. Mais hier soir, Epicure m’a annoncé le pourquoil de la chose : « René est mort« , m’a-t-elle dit simplement.
On lui a diagnostiqué un cancer en avril et il est mort il y a trois jours. À 42 ans. Ça m’a fessé. Parce qu’il avait à peu près mon âge, parce que j’avais un peu l’impression de le connaître via ce blogue, mais surtout parce que, si la vie n’est pas qu’une salope, la mort, elle, est une hostie d’hypocrite qui frappe en mode random sans discrimination. Et pas seulement chez ses victimes. Je peux en témoigner ce matin.
Alors qu’est-ce qu’on fait dans ces cas-là? On baisse les yeux, on prend une grande bouffée d’air en appréciant le fait que ce ne soit pas la dernière, on salue René bien bas et on avance.
Et on apprécie, on s’apprécie, se respecte un peu plus.
Je suis sous le choc. Je me souviens de lui et de son omniprésence sur les blogue et justemet je me demandais ce qu’il était devenu. Burp, je trouve émouvant bien que ce n’était peut-être pas le but. Comme tu dis, la vie est parfois une salope.
Je ne sais pas ce qui s’est passé mais en fin de semaine, après n’avoir pratiquement jamais été sur son blogue si ce n’est pour voir ses délirantes bd qu’il nous offrait à l’occasion, pour avoir moi-même reçu plus d’une centaine de commentaires de sa part et puis paf, plus rien depuis le 4 février, son dernier commentaire à propos de notre soirée Jackass 2, je vais sur son blogue pour tomber sur l’annonce de sa maladie. C’était le jour de son décès que je n’apprend qu’à l’instant. J’suis pas paranormal pour deux cennes mais… pourquoi ce jour là?
Vous me l’apprenez.
Ouf.
J’ai rencontré René aux Yulblogs. Un gars charmant, rieur, un peu timide.
42 ans. Merde. C’est fou. Et si rapide.
Ça fait vide tout à coup… Quand j’écrivais mes samouraï, il me laissait des commentaires délirants, me proposait des tounes. Je l’ai pas croisé « en vrai » mais nos échanges ont été drôles, légers, pétillants.
Il est mort vraiment trop vite.
Ça m’a fait tout bizarre aussi. Blogosphère ou pas, une opinion partagée est tout de même un lien, une main tendue ou des dents prêtes à mordre ; mais un lien.
Avec Yannou et Sylvain, nous aurons eu le premier mariage-blog. Avec René, le premier décès-blog. Dans les deux cas, ça m’émeut. Ça me ramène à une réflexion simple à propos des écrits, des gens qui passent et qui prennent le temps de laisser une note, ou deux, ou plusieurs…
@ JMartyne : Tu as bien raison. Personnellement, ça m’a fait prendre conscience de la proximité entre blogueurs. C’est plus fort que je le croyais. Prenez soin de vous!
Ouch. Vraiment dommage, même si je ne le connaissais aucunement. La mort, c’est jamais l’fun. :o(
Sur un ton plus léger: je saurai au moins qu’il est préférable ici de ne pas terminer ses commentaires par un point d’exclamation… ! :o)
@ CarolineG : Hehe… et as-tu remarqué que mon précédent commentaire a terminé de cette façon? Vraiment, je suis une crapule. Faites ce que vous voulez! Vos commentaires sont la raison principale pour laquelle Epicure et moi bloguons si souvent.
Cet article est paru récemment (mais j’ai mis du temps à le retrouver):
Life Online After Death
Ou comment une présence web change la perspective de la postérité.