Dans son plus récent roman, State of Fear, Michael Crichton nous explique la théorie bien connue du culte de la peur, qui consiste pour un gouvernement et/ou les médias de maintenir chez le peuple un sentiment de peur – peu importe l’origine : le terrorisme, les catastrophes naturelles, la menace des superpuissances militaires, etc. – pour en faciliter le contrôle. Les gens sont semble-t-il plus dociles, plus permissifs et surtout, beaucoup plus près de leur chef lorsqu’ils se sentent menacés. Alors, des menaces, on leur en garroche : grippe aviaire, e.coli, réchauffement de la planète, tsunamis, tout ce qui touche septembre 2001… On a l’impression qu’en mettant le pied dehors, qu’en croquant dans un aliment, qu’en se tenant debout devant un micro-onde en marche, qu’en faisant autre chose que de se blottir en position foetale dans le coin de notre chambre, on peut y passer à tout moment. C’est ça, le culte de la peur. Et ça marche.

J’ai pensé à cette théorie en lisant aujourd’hui la nouvelle de la trêve proposée par Oussama Ben Laden dans le conflit qui oppose Al-Qaeda aux Américains depuis 9/11. Je trouve assez étonnant qu’à chaque fois que la cote de popularité de Bush baisse dramatiquement ou bien que l’effort de guerre en Irak trouve de moins en moins d’appui et de plus en plus de contestation dans la population, on nous sert un nouvel épisode de la petite vie d’Oussama. « Hého, Amérique de mes deux, je vais relâcher mes chiens si vous continuez à me les gonfler ». Et hop! la cote de Bush remonte. Et j’imagine que c’est aussi vrai de ce côté de la frontière. Je ne veux vraiment pas dire que Bush et Ben Laden sont de mèche. Je ne suis pas parano à ce point. Mais disons que la coïncidence est intriguante. Quoiqu’il en soit et quoiqu’on en dise, si la menace d’Al-Qaeda est bel et bien réelle, elle sert également à alimenter ce culte de la peur. Vraiment fascinant.

Et pour revenir à la nouvelle d’aujourd’hui, j’ai failli m’étouffer en lisant la réplique du porte-parole de la Maison blanche : « Nous ne négocions pas avec les terroristes, nous les mettons hors d’état de nuire ».

Wow. Al-Qaeda doit trembler sous sa bisht.