Festival

*ok, c’est long mais j’ai vu 4 shows hier moi!

C’est en roi que Pierre Lapointe a été accueilli au Pigeonnier hier soir. Avant même d’avoir émis le moindre son il tenait tous ses sujets (dont madame) confortablement dans sa petite poche d’en arrière, et avec l’air cabotin dont il aime user il a tôt fait d’en profiter à notre plus grande joie.

Pas trop vite, retour un peu plus tôt dans la journée où j’ai finalement laissé le destin faire le choix déchirant de qui j’irais voir. Ma complice préférant Pierre Lapointe, je n’ai pas eu l’odieux de trancher moi-même. Quand à mon homme qui voulait vivre un excès de testotérone version années 80, c’était clair que je ne serais pas à ses côtés (y avait pas besoin de moi, j’ai entendu que 79 999 autres personnes s’étaient rendues sur les Plaines!).

Pour avoir une bonne place (important) et faire d’autres découvertes musicales par la même occasion, pourquoi pas arriver sur place 4 heures avant Pierre afin de se taper les 3 artistes qui le précèdent en scène? 17h30 premier en lice : Loïc Lantoine (site officiel fermé?). Moyen hurluberlu mais qui mérite qu’on s’y arrête. Duo formé de lui-même et du contre-bassiste François Pierron, il nous récite dans le pur style du poète maudit (mais qui tout de même ne se prend pas trop au sérieux) des textes plutôt lourds pour un samedi après-midi au gros soleil. Y a malgré tout une illuminée qui trouvait le moyen de faire des chorégraphies de simili danse contemporaine au parterre! J’ai assez apprécié (Lantoine pas la danseuse) mais faut ouvrir son esprit grand grand grand. Pour les curieux, 16hre Place d’Youville dimanche pm.

J’avais très hâte toutefois de voir Navet Confit, phénomène montréalais pas mal porté aux nues dans divers blogues que je fréquente. Je n’ai pas été déçue et le plaisir doit croître avec l’usage. Tombons dans les comparaisons pour situer les néophytes, on est ici dans la même famille que Malajube (dont je ferai mon baptême mercredi!) un rock qui navigue entre le sale et le mélodique à la fois. Une écoute de l’album rendra sûrement plus justice aux textes, mais son humour naïf m’a fait sourire plus d’une fois. Message à Navet : ce n’est pas cool de ne pas nous avoir présenté tes les 4 musiciens qui t’accompagnaient, fais-le svp la prochaine fois.

À partir de là, je dois dire que la foule prend de l’ampleur de minutes en minutes. Des quelques dizaines pour Loïc, nous sommes maintenant quelques milliers et ça ne cesse de rentrer dans le périmètre de l’agora naturelle que forme le Pigeonnier. Le dernier élu pour nous faire patienter encore un peu : Thomas Hellman. Très solide! Un excellent folk bluesé qui rock juste assez. De belles chansons, de bons musiciens (message à Thomas : ce n’est pas cool de ne pas nous avoir présenté les musiciens qui t’accompagnaient, fais-le svp la prochaine fois), une visite du très charmant Jordan Officer du Susie Arioli Band, j’ai adoré ça! Thomas Hellman glisse du franco à l’anglo avec aisance (origines québéco-taxanes oblige) et nous a même servi du Brel électrisant. Courez à Place d’Youville dimanche 19h40 pour sa 2è présence au Festival.

Poche en maths, mais sans savoir calculer je peux vous dire que là le Pigeonnier était rendu full packed jammed! Le quelques milliers du paragraphe précédant a au moins doublé, et tout ce beau monde est cordé en rang d’oignons sans le moindre espace disponible pour une personne de plus. Lorsque Pierre Lapointe fait finalement son apparition c’est le délire. L’analogie avec le roi n’est pas fortuite, la foule le vénère! Quand elle reconnait la prochaine chanson, pendant et après la dite chanson, la foule hurle et tape des mains sans arrêt.

Après un départ en lion pour la première demie du spectacle, le reste a valsé entre moments forts et plus… tranquilles. Pierre Lapointe a offert un melting-pot de ses 2 albums et faut pas se leurrer, y a pas mal de balades. Je les aime ces balades mais parfois ça donne des transitions un peu boîteuses lorsque l’on vient de s’époumonner avec une pièce comme Le Colombarium, et que l’on doit se calmer le cardio net-fret-sec avec une chanson plus douce interprétée au piano. Ça n’enlève rien à son répertoire, simple feeling personnel.

Mes must : Qu’en est-il de la chance, Au nom des cieux galvanisés, la sublime Comme un seul homme et la survoltée Deux par deux rassemblés. J’ajoute aussi : Pierre Lapointe. Son attitude, son humour, son émotion non feinte d’avoir devant lui sa plus grosse foule «à vie» (dixit lui-même).

C’est vrai! Un dernier must : croiser Robert Lepage à la sortie! Mon regret? Ne pas l’avoir serré dans mes bras pour le féliciter de ses propos de la semaine dernière sur «planète Montréal». Merci Robert, je t’aime!

Quelqu’un a vu Calexico????