C’est peut-être juste moi, mais on dirait qu’on se trouve un peu plus intelligent quand un journaliste écrit dans sa chronique un point de vue que l’on partage. Ça cautionne ce que l’on pense et on aime se convaincre que si quelqu’un d’autre le dit, ça doit prouver qu’on doit avoir un peu raison.
Qu’ai-je lu qui suscite une telle réflexion philosophique? La chronique de Marc Cassivi qui traite de l’ADISQ et qui questionne la pertinence de remettre certains Félix en se basant sur le vote du public.
«Accepterait-on aux État-Unis que le Grammy de l’interprète de l’année soit décerné à l’artiste ayant obtenu le plus grand nombre de votes par téléphone ou que l’Oscar du meilleur film soit choisi par la clientèle des Denny’s? … Par quelle logique tordue en sommes-nous venus à trouver normal que la remise d’un Félix ait quoi que ce soit à voir avec le fait de manger du poulet? … Laisser le quidam choisir, qu’il préfère ou pas la salade «traditionnelle» à la «crémeuse», sans savoir s’il connaît la musique, c’est laisser des intérêts commerciaux prendre le dessus sur les intérêts artistiques.»
Qu’ajouter de plus?
On pourrait ajouter que la très grande majorité des personnes qui prennent le temps de remplir des petits coupons ou de téléphoner, ne font sûrement pas parti du bassin de fans d’une Marie-Jo Thério ou d’une Chloé Ste-Marie mettons. Je mettrais plutôt un p’tit 10$ sur ceux d’Isabelle Boulay ou Marie-Chantal Toupin. Sans rien vouloir leur enlever (malgré que…), ces prix n’ont absolument rien à voir avec le mérite. Je serais pas mal curieuse aussi de savoir le pourcentage des «madames» qui votent vs celui des «messieurs». Pas sûre qu’il y ait beaucoup de testostérone dans ces choix-là!
Et si St-Hubert veut s’associer à l’ADISQ ou vice-versa, ça pourrait être strictement par le biais d’un concours pour se mériter des disques, des billets de spectacles ou pour assister au gala. À la limite le trophée pourrait porter le nom de Félix «St-Hubert» de l’interprète de l’année, s’il faut absolument que le nom de la rôtisserie soit dit en ondes pour qu’ils acceptent de commanditer l’événement.
Y a sûrement un truc pour que ce soit plus équitable et moins star académique comme processus. De toute façon même s’ils ont déjà un certain ménage de fait dans leurs catégories, il reste encore une grosse job de bras à faire. 60 c’est une vrai joke.
J’ai ben beau chialer, mais comme l’an passé je vais être fidèle au poste dimanche soir…
Tu as bien raison. L’autre point que j’apporterais, c’est le fait que chez St-Hubert, on remet le coupon de participation avec la facture, alors que normalement, tu es sur ton départ et que tu n’as pas le temps de le remplir. Les gens le remplissent donc à la sauvette, sans faire attention à leurs choix et aux conséquences que ça aura, et ce, pour gagner le prix!
Est-ce que le résultat est VRAIMENT valide? On peut se poser la question!
Essai d’imaginer une réunion où des représentants de divers milieux veulent déterminer les critères pour LA meilleure chanson (ou interprète, ou compositeur, etc)… Je mange mes (2) souliers si il y a un consensus après 10 ans de discussion. L’ADISQ c’est un show de promotion pour la musique où on tente de faire plaisir à tout le monde et à sa tante. Comme d’habitude (et comme tout le monde) je vais être d’accord sur le quart des choix et me foutre de la moitié du reste. Comme toi je vais chialer mais l’écouter… De toute façon je suis égoïste, je préfère voir Marie-jo Thério dans une salle de 200 places qu’au centre Bell rempli de public populaire. Je leur laisse Gregory Charles…
On pouvait également voter sur le site de radio-canada et par le réseau de journaux Gesca. Espérons que ces votes influenceront un peu les résultats…