Loreena McKennitt

Ça m’arrive parfois. Quelques heures avant le show de Loreena McKennitt ce soir au Grand théâtre de Québec, j’ai eu cette vision de ma personne ronflant sans retenue, vautré dans mon confortable siège situé à quelques mètres de la rousse manitobaine. « Je pense que je vais trouver ça plate », ai-je simplement déclaré à Epicure. Faut dire que le dernier disque de Loreena, An Ancient Muse, m’a laissé de glace jusqu’à maintenant. Faut dire aussi que 85$ c’est assez cher payé pour voir une artiste dont j’ai perdu la trace depuis un bon bout de temps. Mais bon. Allons-y puisqu’il le faut.

Ben Mame McKennitt m’a bien eu. Pendant deux heures, elle m’a mitraillé de ses merveilleuses perles en mode mineur qui peuplent son riche répertoire, charmé avec sa simplicité et sa générosité, comblé à 300% mes (minces) attentes à l’aide de ses neuf complices qui, pour la plupart armés d’instruments d’outre-hémisphère, ont livré la marchandise avec beaucoup de doigté.

Et Loreena… gracieuse, souriante, timide presque. S’accompagnant à la harpe, au piano ou à l’accordéon, elle a rendu ses chansons de façon parfaite. Sa voix était forte et juste, taillée sur mesure pour son folk celtique nouvel-âgeux. Étonnamment, j’avais parfois l’impression d’écouter le disque tellement sa voix « réelle » est similaire à ce que l’on entend sur mp3. Chapeau à la medame pour l’attention qu’elle porte à ses cordes vocales.

Ce fut donc un fort beau spectacle donné par une grande artiste. Si vous voulez vivre l’expérience vous aussi, sachez qu’il reste encore de bons billets pour la représentation de lundi soir.