Le sous-sol de l’église de Tadoussac a ce quelque chose de mythique qu’ont les grandes salles de spectacle. Ces dernières années j’ai vu entre autres sur cette minuscule scène : Daniel Bélanger, Patrick Watson, Richard Desjardins, Diane Dufresne. Vendredi soir c’était au tour de Pierre Lapointe, seul au piano.
Le truc avec le piano/voix, guitare/voix ou tout le melting-pot qui entre dans ce fragile créneau de « concert intime », c’est qu’on peut joyeusement s’y casser la gueule. Lorsque l’interprète réussit le pari de ne faire qu’un avec ses textes et son instrument, eh bien là on a droit à des moments qui frôlent la grâce. On l’a vécu avec Pierre Lapointe.
Le répertoire tiré de Sentiments Humains, qui se prêtait drôlement bien au style piano/voix, a eu la bonne part de la soirée mais pas au détriment du reste. Une Reine Émilie décapante à souhait, Au 27-100 rue des Partances qui semblait composée pour être chantée ainsi, même Deux par deux rassemblés que jamais auparavant je n’aurais pu imaginer sans son côté kitsch qui la caractérise. Pierre Lapointe était en voix comme en verve, ses interventions à la sauce « prétentieux de service » étaient exquises!
Mais ça c’était rien… En plus d’aller piger dans du matériel qui date de l’époque de son premier démo (La boutique fantastique ou Petite fille laide), nous avons eu le privilège de l’entendre interpréter avec beaucoup d’émotions la chanson Moi Elsie, chanson écrite pour Elisapie Isaac par Richard Desjardins et dont lui-même a composé la musique. Moment qui frôle la grâce je disais… À mettre sans aucune hésitation dans la catégorie « Il fallait être là ». Excellent show.
Et le reste…
J’avoue que cette année j’étais moins emballée qu’à l’habitude par la programmation. Beaucoup d’artistes de la relève dont j’ignorais tout et que je n’ai pas eu l’occasion (ou l’intérêt) d’aller découvrir; la plage, les amis et le bon vin l’ayant parfois emporté sur la musique… J’ai malheureusement manqué Elisapie Isaac (spectacle complet) mais tenterai de me reprendre le 14 juillet au Festival d’été.
J’ai eu quand même droit à des bribes de Guy-Philippe Wells et Avec pas d’casques et, une belle surprise, la nouvelle venue Salomé Leclerc. Accompagnée par Philippe B (quand même!), elle-même à la guitare et à la voix (qu’elle a fort jolie), elle a réussi a mettre le public dans sa poche malgré son matériel plutôt sombre. J’ai assisté à la majeure partie de son spectacle et j’ai bien hâte de pouvoir mettre la main sur un premier album. (Merci de la suggestion Philippe!)
Normalement on devrait essayer d’être là du 9 au 12 juin 2011…
Un jour, j’irai à Tadoussac…
J’adore les concerts intimes comme celui que tu décris.
J’ai vu Salomé Leclerc en première partie de Gaëtan Roussel aux Francos. Mauvais match, j’ai trouvé. La demoiselle a du talent à revendre, une belle voix, quelque chose d’Émilie Proulx et de Sylvie Paquette, mais je trouve que son répertoire est un peu monocorde pour le moment. À mon avis, le meilleur est à venir.
J’espère qu’on y sera aussi le jour où tu iras!
D’accord pour Salomé, ta comparaison avec Émilie Proulx tient très bien la route! J’ai hâte de l’entendre sur disque.
Nous sommes EXTRÊMEMENT jaloux de tes Francos! Roussel, Murat et Mickey (en + de tous les autres que j’ignore), j’ose espérer un mini-billet de blogue pour avoir tes impressions.
140 caractères parfois c’est peu. ;-)
[...] Lapointe, Seul au piano, c’était d’abord pour moi ce magnifique spectacle présenté en juin dernier au Festival de la chanson de Tadoussac. Moment privilégié, une rencontre très intime entre un artiste et son public dans un sous-sol [...]