Lu ce matin sur The Root via Hipster Runoff :
On le sait, l’industrie de la musique est en plein bouleversement. Le règne absolu des labels s’effondre et de plus en plus d’artistes tentent l’aventure sans leur « support ». Je place le mot entre guillemets car je ne suis pas sûr qui supporte qui dans cette association. Considérez ce graphique :

L’article sur The Root fait également état d’un sondage Nielsen qui indique que seulement 2% des albums sortis en 2009 aux États-Unis ont vendu au moins 5000 copies. Deux pourcent!
Donc, si on fait un calcul rapide, le chanteur d’un quatuor qui a vendu 8500 copies de son album à un prix moyen de 15$ l’an dernier aurait empoché un beau 2 984$. Bien sûr, on ne parle pas des autres revenus (spectacles, t-shirts, etc.) mais on comprend quand même mieux pourquoi la présente révolution a lieu.
Lisez l’article complet si le sujet vous intéresse. Très instructif.
Au moins, en littérature, on ne divise pas les recettes avec les « membres du groupe ». Il reste que, tout domaine confondu, la portion des revenus réservés aux artistes est ridiculement basse. Il faut s’arranger pour faire de l’argent autrement, comme tu le mentionnes.
J’ai toujours eu de la misère avec la façon dont on décrit le rapport entre l’argent qui va au label et celui qui va à l’artiste.
Pas que j’y connaisse grand chose. Toutefois, c’est quand on diabolise l’un et qu’on victimise l’autre que j’ai de la difficulté à embarquer.
La portion est plus grande pour le label, certes. Toutefois comme vous le mentionnez, y a que 2% des albums qui vendent plus de 5000 copies (et 5000 ce n’est pas la mer à boire).
Dans ce cas, est-ce que le label fait beaucoup de profits? J’en doute fort.
Les compagnies de disques doivent donc composer avec 98% de « pertes » pour 2% de leur « écurie » qui est payante.
Je ne vais pas jusqu’à dire qu’ils font pitié. Toutefois, quand on jette un système « parce qu’on n’en a plus besoin », et qu’en plus on ne questionne aucunement le « côté noble » de la chose parce qu’ils s’agit de grosses et diaboliques corporation, je débarque.
Parce que le distributeur et son réseau, et le label et son système, quand on en a BESOIN, on est contents de l’avoir.
@ burp : Merci de l’info, ca faisait longtemps que je cherchais ce type de graphique et on voit bien que la partie création du processus est sous-payée…
@ Patate : Le même débat était survenu lors de la sortie de In Rainbows de Radiohead. Le groupe crachait sur EMI (et ils avaient surement leur raisons) mais beaucoup de gens se demandait ce que Radiohead serait devenu sans cette maison… Un autre article intéressant sur le sujet est paru hier sur Exclaim! concernant les artistes indépendants. Et moins de 5% de ces artistes vivent de leur arts, et plus de 23% affirment perdre de l’argent avec la musique. Vous pouvez lire l’article en anglais ici :
http://exclaim.ca/articles/generalarticlesynopsfullart.aspx?csid1=145&csid2=844&fid1=47996
Patate : ton point est bon. Note cependant que je ne remet pas en question la pertinence ou l’importance des labels. Je remet en question le partage des revenus que je trouve complètement disproportionné. À voir le graphique, j’ai pas l’impression que les compagnies de disques courent un gros risque en signant des bands inconnus. Je me trompe peut-être.
Simon : intéressant comme article, en effet. En passant, je vous conseille le très bon livre de Steve Knopper, « Appetite for Self-Destruction: The Spectacular Crash Of the Record Industry in the Digital Age », qui raconte la chute spectaculaire des labels après 20 ans d’exploitation crasse. Bien sûr, c’est un point de vue parmi d’autres, mais la lecture est quand même fascinante.