
Je vous jure que j’essaye. Vraiment. Dès qu’un nouveau Pierre Lapointe s’insère dans mon Mac, je prend une grande respiration et je libère mon esprit de toute pensée négative avant de double-cliquer sur la première chanson. J’ai repris le rituel avant l’écoute de Sentiments humains (en magasin mardi) et, une fois encore, l’expérience s’est avérée négative. Rien à faire. Incapable de digérer les arrangements pompeux, les textes intello-masturbatoires et l’attitude de dandy phony du bonhomme.
Ceci dit, je vais laisser le soin à Epicure de vous livrer une critique plus détaillée et moins biaisée que la mienne, étant la spécialiste en pierrelapointeries de la maison. J’aimerais pour l’heure attirer votre attention sur la critique de Sentiments humains par Alain Brunet, chroniqueur de La Presse, un de mes journalistes préférés et à mon avis une sommité en critique musicale au Québec.
Ce n’est pas tant le fait que la critique soit négative qui m’a surpris, c’est surtout le fait que M. Brunet prend d’entrée de jeu quatre paragraphes pour dire combien il respecte l’artiste, combien il avait trippé sur La forêt des mal-aimés et combien il a toujours été « l’un des plus ardents défenseurs de Pierre Lapointe depuis ses débuts ». Il enchaîne ensuite avec une critique assez brûlante. Un extrait :
Musicalement, (…) l’impression de redite et d’épais beurrage est d’autant plus forte parce que les mélodies, progressions d’accords ont atteint les limites techniques de leur compositeur (…)
Mais je comprend mal les quatre paragraphes pour préparer le lecteur à une critique négative. A-t-on « la fleur de peau » à ce point au Québec pour s’indigner de l’opinion d’un critique respecté et reconnu? La Presse a-t-elle craint les conséquences d’une critique négative d’un artiste vénéré depuis toujours?
Si on me répond oui à ces deux questions, je nous trouve poche en maudit.
(En passant, ArTv présente à 21h ce soir Mutantès : dans la tête de Pierre Lapointe, documentaire à propos du spectacle que Lapointe a présenté aux Francopholies l’an dernier.)
À propos des gants blancs d’Alain Brunet, il ne vous est pas venu à l’esprit que c’est compliqué de critiquer quand on compte autant sur les revenus publicitaires. Pour ce qui est de votre difficulté à aimer Lapointe (qui m’indiffère totalement personnellement), vous allez faire de la peine à Nicole ;-)
Suis-je naïf? J’aime penser que les gens adoptent un journal pour la rigueur et la crédibilité de ses journalistes. Même si Brunet faisait 12 mauvaises critiques d’affilée de mes artistes préférés, je ne crois que mon admiration pour lui en serait diminuée. Par contre, je cesserai de le lire dès que je sentirai qu’il verse dans la complaisance pour ne pas froisser les patrons.
Et, désolé Nicole, mais j’ai plein d’autres qualités!!! ;o)
Désolé de faire de la peine aux théoriciens du complot du grand Kapital, mais Brunet est tout, sauf quelqu’un qui s’empêtre les pieds dans le grand tapis de la pub. Déclaration: je discute avec Brunet 3 à 4 fois par semaine de mille et un sujets, dont la musique. Dire que les journalistes sont guidés par les impératifs publicitaires… Hum, tenez, je pourrais ainsi affirmer, «sachant que Michel Monette a oeuvré longtemps au sein de syndicats, je me demande sincèrement si ses critiques régulières sur tout et sur rien sont véritablement les siennes ou s’il ne sert que de porte-voix à un quelconque mouvement syndical?»
Bref, mon cher Burp, je vais vous rassurer car je viens de parler à Alain qui m’explique ainsi sa démarche journalistique: «sachant que tout le monde porte Pierre Lapointe aux nues, je me devais d’expliquer ma démarche complète (bref, mettre la table) avant de critiquer vertement cet artiste qu’autrefois, j’ai bien aimé. C’est une simple questions de respect envers le créateur. Car on peut être critique envers une des oeuvres d’un créateur et respecter malgré tout l’artiste.»
Cela dit, je vous invite à écouter sa chronique radio de vendredi (http://www.radio-canada.ca/audio-video/pop.shtml#urlMedia%3Dhttp://www.radio-canada.ca/Medianet/2009/CBF/Desautels200904031508_1.asx) où, tiens donc, il laisse tomber un brin les gants blancs.
PS: Pierre Lapointe, pas capable. J’ai jamais été capable. J’ai beau écouter, à la moindre note PierreLapointienne, j’ai un pad de 20 db qui s’installe dans mes oreilles.
Merci, cher Michel D., de ces précisions qui me rassurent, en effet. J’avoue que j’aurais été très surpris qu’Alain Brunet se fasse dicter une marche à suivre quelconque de ses patrons.
Et je m’en vais de ce pas écouter sa critique à la radio, histoire de me faire plaisir!! ;o)
[...] sera dans les bacs mardi. Soyons clairs, ceux qui ont beaucoup de difficulté avec Pierre Lapointe, genre Burp mettons ;-) ne tomberont pas en extases en criant au génie. Rien de neuf sous le soleil, c’est du [...]
À propos, Alain Brunet précise sa démarche dans un billet fort intéressant: http://blogues.cyberpresse.ca/brunet/?p=520&utm_source=Fils&utm_medium=RSS&utm_campaign=Blogue_ALAIN_BRUNET
Yup! Belle explication en effet. Mais rien sur le grand Komplot Kapitalisse. Arf! ;-) Ça s’pourrions t’y que ça serions un vrai journalisse ce môssieur?
@Michel Monette
Vous m’avez bien fait rire en laissant entendre que les pressions de la pub m’auraient mené à écrire ce préambule sur Pierre Lapointe. Falardeau n’aurait pas fait pire ! Encore dans le romantisme révolutionnaire à votre âge ?
Vous êtes persuadé avoir de nouveaux et nombreux contrats avec des points de vue « vues sur l’actualité culturelles » telles que ça? Si vous êtes incapables de reconnaître le talent et l’accomplissement lorsqu’il arrive, je crois que vous devriez prendre un aspirateur et faire du ménage en réfléchissant à votre choix de carrière m. Beurk… Et dire que des gens comme vous croient que leur parole vaut quelque chose…. misère.
Cher P., je n’ »aspire » pas à une carrière dans le domaine. Je travaille dans un tout autre domaine, j’y suis heureux et j’y gagne très bien ma vie. Donc mon blogue ne sert absolument pas à dégoter de nouveaux contrats. Quoique ce serait vraiment cool…