
Comme je suis plus du type « lire avant, voir après », j’avais bien l’intention de me taper Shutter Island de Dennis Lehane, avant de me lancer dans sa version grand écran adaptée par Martin Scorsese (rien de moins). La première étape est maintenant complétée, c’est ce matin que j’ai littéralement dévoré les quelques 100 dernières pages qui me restaient pour finir ce thriller assez efficace merci.
On a beaucoup parlé du film ces derniers temps, voici toutefois un petit résumé de l’histoire pour ceux qui ne savent pas encore ce que ça raconte. 1954, l’enquêteur Teddy Daniels et son nouveau partenaire Chuck, débarquent sur Shutter Island, île sur laquelle loge un hôpital psychiatrique pour criminels dangereux. Motif : enquêter sur la mystérieuse disparition d’une patiente. Sur place, l’attitude du personnel et les soupçons qui pèsent sur leurs méthodes douteuses, mènent Teddy Daniels à pousser plus loin son investigation.
En dire plus ne ferait que diminuer le plaisir de la lecture. Comme il le faisait (et très bien d’ailleurs) dans Mystic River, Lehane gratte les bibittes cachées dans le cerveau de son personnage principal. L’auteur expose graduellement les zones d’ombres de Daniels, son passé qui en viendra à influencer le cours de l’enquête. Même à l’écrit, on ressent l’ambiance film noir. Tout est dépeint avec doigté; l’époque, les premiers balbutiements de la psychiatrie moderne, le climat sinistre qui règne sur cette île. C’est glauque et troublant. On réussit presque à entendre les cris des patients/prisonniers qui se perdent à travers la tempête qui se déchaîne.
Reste maintenant à constater si Scorsese, DiCaprio, Ruffalo et Kingsley seront à la hauteur des mots de Lehane.
Je n’ai pas su faire preuve d’une telle patience; la bande-annonce m’interpelait trop alors je suis allé voir le film sans avoir lu le livre.
Un pur chef d’oeuvre cinématographique.
Je dois dire d’emblée que je suis un grand amateur de films noirs alors je me suis littéralement régalé de cette mise en scène digne d’Hitchcock, de ces faux raccords répétitifs, de ces personnages on ne peut plus stéréotypés, de cette musique forte et intense, de cette intrigue tordue, etc.
N’ayant pas lu livre, j’ignore si Scorsese respecte beaucoup l’histoire, mais il semble que la fin du livre soit plus ouverte que celle du film.
Dans ton billet, tu dis: « Même à l’écrit, on ressent l’ambiance film noir. »; ce qui est assez drôle car, sur mon blogue, j’écrivais quant à moi qu’il s’agissait d’un film très littéraire tellement les personnages et l’intrigue nous habitent. Le dernier film à m’avoir autant habité, c’était The Trial, d’Orson Welles…
@MatPoi : J’espère que ça te donne le goût de lire le livre! Connaissant déjà l’histoire, tu le lirais sûrement avec un regard différent. Moi en tout cas j’ai hâte de voir le film! Dans Six dans la cité, Marie-Christine Blais a même dit que c’était meilleur que le livre.