Festival d'été de Québec

Twisted Sister m’a bien eu. J’y suis allé pour rire et me rappeler mes conneries d’ado. Puis mon sourire s’est estompé graduellement au cours du spectacle pour faire place à un respect bien senti.

Dee Snider et sa bande (les cinq membres originaux) sont arrivés sur scène déguisé et maquillé comme en 1985, mais avec quelques livres en trop et le visage un peu ravagé par la galère rock’n'roll des 25 dernières années. Ils avaient l’air ridicule il y a vingt ans, imaginez aujourd’hui! Toutefois, Snider n’a vraiment rien perdu de sa verve et de sa maestria en matière de manipulateur d’audience. Le gars n’avait qu’à lever le poing pour faire crier les quelque 50000 personnes déjà massées sur les plaines. Il a aussi fait preuve de beaucoup d’humilité en expliquant la descente vers l’oubli que le groupe a subi dans les années 90 et la boulechite de l’industrie de la musique. Il m’a également fait beaucoup rire en se moquant des gens confortablement assis dans les zones V.I.P. (où j’étais!) et en se payant un peu la tête du « hair-metal » des années 80. Côté musique, Twisted Sister fait du rock extrêmement simple mais il est rendu par de vieux pros qui ont encore le goût de triper. J’avoue que j’avais le poing dans les airs moi aussi sur « We’re not gonna take it » et m’époumonnais sur « I wanna rock ».

À la fin, Twisted Sister est sorti de scène le sourire fendu jusqu’aux oreilles. Il venait probablement de voler la vedette aux Scorpions. J’avoue n’avoir assisté qu’aux quatre premières pièces du spectacle des Allemands mais on voyait bien que l’intensité avait diminué.