Si j’étais Mario, André ou Jean, je m’arrangerais pour me ploguer à la télé le plus possible d’ici le 26 mars. VJ d’un jour à Musique Plus? Pas de problème. Conter ma vie à Michel Jasmin? Deux fois si vous voulez. Yvon Pedneault a une extinction de voix à RDS? Bah… le hockey c’est un peu comme la politique, pas vrai? Un participant s’est désisté à l’Union fait la force? On peut s’accomoder raisonnablement.

Je dis ça parce qu’un bon coup télévisuel vaut bien 10 bons coups dans les journaux. Éxagère-je? Ben voyons. La cote de Boisclair faisait du razemotte jusqu’à ce qu’il étale ses tripes à Tout le monde en parle; Jean Charest serait encore aujourd’hui dans l’opposition s’il n’avait pas profité du débat télévisé pour assommer Bernard Landry avec la citation de Parizeau; parlez à Gilles Duceppe de son bonnet de douche lorsqu’il visita une fromagerie en 1997… On dit même que John F. Kennedy, beau, basané et détendu, avait convaincu l’Amérique qu’il était leur homme lors du débat de 1961 devant un Nixon laid, blême et nerveux (qui, de l’avis des experts, avait offert plus de substance).

C’est poche, mais on en est là. La volatilité des électeurs fait qu’un résultat de sondage révèle presqu’à chaque fois un nouveau premier ministre. On voit bien que les indécis n’attendent qu’à être influencés par le geste ou la parole, bon ou mauvais, qui les fera pencher d’un côté ou de l’autre. Alors, les gars, montrez-vous la face. Faites des muffins avec Francis Reddy, répondez aux colles de Pierre Marcotte, livrez de la pizza dans Annie et ses hommes… n’importe quoi, mais avoir l’air sympathique devant 2 millions de téléspectateurs est plus winner qu’un programme de subvention à la page 3 de La Presse. Fuck le fond, on veut de la forme!

Snif…