Il y a des moments où l’on se sent plus polar qu’eau de rose, plus bio que BD ou plus roman que Bourgault. C’est ce qui m’arrive ces temps-ci. Même si la biographie de Pierre Bourgault écrite par Jean-François Nadeau est fascinante, j’ai simplement le goût de me plonger dans des lectures plus « légères ». Mes journées/semaines/mois de travail me pompant des doses d’énergie assez phénoménales ces derniers temps, me semble que c’est tellement agréable de lire pour le simple plaisir de décrocher, sans plus. Je garde Bourgault pas trop loin mais après avoir dévoré le dernier exemplaire du Libraire, une grosse rage m’a obligé à aller dévaliser ma bibliothèque de quartier pour faire une razzia de romans.

Léon, Coco et Mulligan est mon premier Mistral à vie. Pas même Vamp, ni Valium, j’avais juste pas le goût. Mettons que son aura m’inspirait plus ou moins, me donnait l’impression (injustifiée) que ses livres foutaient le cafard. J’avais tout faux.
Cette petite plaquette d’au plus 150 pages se laisse lire presque d’un trait. Christian Mistral y dépeint la relation de Léon et Coco, le jeune et le vieillard, deux itinérants inséparables. Le premier cherche l’inspiration pour assouvir son rêve d’écriture, alors que le second récite des poèmes entre deux épisodes de schizophrénie. Ça pourrait être sombre et déprimant, au contraire malgré les apparences c’est plutôt la tendresse qui l’emporte. Touchant et très agréable à lire. Christian Mistral est d’ailleurs un blogueur assidu qui sévit sur Vacuum II : Scrapbook. À ajouter dans vos signets.

Poursuivons dans les premières fois (je n’avais jamais lu de Marc Lévy non plus), cette fois-ci avec un peu moins de succès. Mes Amis Mes Amours, raconte une autre histoire qui implique une relation entre deux hommes, mais attention nous sommes ici dans une toute autre catégorie! Un architecte français habitant maintenant Londres, persuade son copain parisien, monoparental comme lui, de venir s’établir sous le même toit avec leur enfant respectif.
Le type d’histoire qui donne lieu à des intrigues qu’on voit venir 100 pages d’avance, avec une subtilité qui frôle parfois le 2 par 4 en plein front. À ma grande surprise je suis passé à travers ce livre avec une vitesse presque indécente compte tenu de mon intérêt plutôt moyen. Je compare ça avec ce genre de films dans lesquels on s’accroche la télécommande parfois. Loin d’être un chef-d’œuvre, mais un récit sympathique dont on veut absolument connaître la fin. Parlant de film justement, Mes Amis Mes Amours sort sur grand écran cet été (en France du moins) avec Vincent Lindon, que j’a-d-o-r-e!, et Virginie Ledoyen. Voyez la bande-annonce et vous aurez une bonne idée de l’esprit du livre.
Ben merci! Vous me subjuguez!
Quand c’est que tu m’écris, Catherine? Je badtrippe tout seul avec ce bijou.
Christian
Pour ce qui est de Lévy, ouais, j’ai lu les 2 premiers comme tout le monde et bof, pas mon genre, mais quand j’ai lu celui qui parle des enfants de la résistance, je n’ai pas été déçue. J’ai en fait adoré, l’histoire et la sensation d’urgence qui s’en dégage et dans laquelle pouvait vivre de si jeunes personnes pour faire la résistance à leur façon. C’est probablement parce que c’est l’histoire de son père en partie.
Pour Mistral, je ne l’ai jamais lu, pas encore, et tu vois, c’est un peu en partie à cause de son blogue: plus je le lisais moins ses livres me tentaient. Je trouvais ses écrits trop vulgaires. (j’ai détesté Bukowski pour la même raison). Mais là, tu me donnes le goût!
Sandra
Ben en voilà une surprise. À lire votre précédent commentaire sur l’autre billet, nul doute que vous êtes le vrai, l’authentique, le Mosus au coeur tendre.
Léon Coco et Mulligan sera mon deuxième Mistral après Vamp, que j’avais bien aimé.
Pas lu Lévy, lu un Bukowski que j’ai aimé mais il se racontait en romançant alors que Mistral écrit des romans. Un peu « autobio » versus « création ».
@ Mistral : Tout le plaisir est pour moi, subjuguer un auteur par mes écrits, je n’en demandais pas tant!
@ Camionneuse : Quelle belle surprise, contente d’avoir des nouvelles! On se rend compte que la première impression compte pour beaucoup, j’ai moins le goût de me replonger dans du Marc Lévy alors que je lirai certainement d’autres romans de Christian Mistral. Pas encore eu assez de courage pour du Bukowski cependant…
J’ai fait le tour de Bukowski assez rapidement, dans mon cas en tout cas. Nihiliste alcoolique auto-destructeur, mais du talent côté écriture.
J’avais vu le film avec Mickey Rourke dans le rôle, « Barfly » je crois le titre du roman, mais je peux me tromper, ça fait bien longtemps.
Et si je pouvais remettre la main sur une entrevue télévisée que j’avais vue de lui à Bernard Pivot…Pissant.Il avait sa bouteille dans un sac en papier brun qu’il éclusait allègrement en proférant des niaiseries.
Il indisposait quelques invités à un point tel, qu’un convive lui a lancé:
« Bukowski vous faites chier! »
Le plus drôle c’est qu’il s’est levé en s’appuyant la main gauche sur le crâne chauve de l’invité à sa gauche une fois sa bouteille vide.
Bref, de la télé comme il s’en fait plus.