The Men
Open Your Heart
Je vous ai parlé avec bonheur de ce groupe de Brooklyn il n’y a pas si longtemps. J’avais alors découvert sur le tard l’excellent Leave Home et su que The Men préparaient leur 3e album pour mars. Il s’est passé quelque chose entre les deux sorties car, alors que Leave Home poussait la rage punk assez loin, Open Your Heart propose quelques pièces plus smooth (country-folk, ballades rock) dont certaines me font penser à Sonic Youth. Ce côté nutritif est toutefois contrebalancé par le côté givré que l’on aime des Hommes, soit une énergie punk similaire à Fucked Up. Bien différent du précédent, mais toujours solide.

D’autres sorties d’intérêt au cours des deux dernières semaines :

Andrew Bird
Break It Yourself
J’ai vraiment découvert Andrew Bird lors de son spectacle à l’Impérial au FEQ 2010. Seul sur scène, il m’avait étonné par ses arrangements inventifs et sa capacité à maintenir l’intérêt d’une foule plus ou moins fan. Si vous avez aimé le musicien de Chicago sur ses 5 albums précédents, vous devriez apprécier Break It Yourself, qui s’aventure dans des territoires indie folk exotiques similaires. Définitivement un artiste qui gagne à être connu.
Mes Aïeux
À l’aube du printemps
J’ai pas entendu au complet ce nouvel album, mais je ne comprends pas pourquoi la presse québécoise continue de classer encore le groupe sous « néo-trad ». Moi je propose « pop folk chantée en joual ». Je ne peux pas dire que j’attendais le nouveau MA avec impatience, donc je m’arrête là. Bonne écoute.
Miike Snow
Happy To You
Le trio indie-électro-pop suédois avait fait parlé de lui en 2009 avec un premier album éponyme remarqué. Comme tout bon artiste scandinave, Miike Snow se fout des conventions inhérentes à la pop actuelle et opte pour la fraîcheur. N’eût été de The Men, le gros lapin à panache (!) aurait trôné bien en haut de ma liste des nouveautés cette semaine.
Fanny Bloom
Apprentie guerrière
Vous vous souvenez de La Patère rose? Ce trio, composé de Fanny Bloom et de deux membres de Misteur Valaire, m’avait agréablement surpris en 2009 avec leur album éponyme. Malheureusement le groupe s’est séparé l’an dernier. Fanny s’est toutefois remise rapidement à l’ouvrage car elle présente un premier album solo. Ça donne une pop teintée d’électro qui, rehaussée de la jolie voix de Miss Bloom, fait parfois penser à Émilie Simon.
VCMG
Ssss
Le nom ne vous dit probablement rien mais si je vous dis que VC = Vincent Clarke (Depeche Mode et Erasure) et MG = Martin Gore (Depeche Mode), votre niveau d’attention vient probablement de hausser d’un cran. Le projet instrumental de ces deux icônes de l’électro-pop anglaise est destiné aux planchers de danse. Fans de Depeche Mode, ne vous attendez surtout pas à quelque chose de similaire. Il s’agit de techno minimaliste axée sur les beats primaires. Assez insignifiant (et décevant), je dirais!
White Rabbits
Milk Famous
Troisième album du quintet de Brooklyn (encore) après For Nightly et It’s Frightening. De facture assez convenue, leur indie rock est toutefois loin d’être inintéressant. Si vous aimez Wolf Parade, vous devriez prêter oreille aux albums de White Rabbits.
Ceremony
Zoo
Nouvellement signé sur l’étiquette Matador, Ceremony poursuit son travail de destruction avec Zoo, qui rappelle les belles heures du mouvement punk de la fin des années 70. Alternative intéressante à vos vieux vinyles des Sex Pistols et Ramones.

Interpelée par l’éloquence des Jean-François Lisée et Eric Duhaime qu’on a entendu sur plusieurs tribunes défendre leurs convictions, j’ai eu l’idée de me taper leur livre aux idées opposées coup sur coup, question de me faire ma propre opinion. À les entendre, selon le sujet abordé, ma tête penchait à droite ou mon coeur battait à gauche. Serais-je ambidextre??? On verra bien!

C’est avec Comment mettre la droite K.-O.en 15 arguments de Jean-François Lisée, que j’ai décidé de commencer mon exercice de comparaison. Une plaquette d’à peine 150 pages, plusieurs tableaux, rien de trop lourd malgré le propos. Le titre ne pourrait être plus clair, on prend littéralement 15 « fausses » affirmations véhiculées par les ténors de la droite, et on les anéantit à grands coups de statistiques assassines.

On y apprend entre autres que, contrairement à ce qu’on aime nous faire croire sur de droites tribunes, les québécois sont travaillants et que le Québec n’est ni un enfer fiscal, ni infesté de fonctionnaires. Ces informations ne sont pas sans intérêt, cependant on se lasse un peu du ton « ça n’a donc bien pas de bon sens tout ce que la droite essaie de nous faire croire », présent dans chacun de ces premiers 15 chapitres.

J’ai préféré la seconde partie du livre, qui elle apporte des pistes de solutions, donne quelques statistiques sur des choses qui vont BIEN au Québec et qui fait un certain constat sur l’état de la souveraineté en 2012.

Comment mettre la droite K.-O. en 15 arguments se lit comme un long article de magazine. Un dossier bien documenté, sans objectivité aucune naturellement, qui va droit au but sans ambiguïté. Même s’il y a beaucoup de chiffres, de PIB, de revenu médian et de charge fiscale, lire Jean-François Lisée est toujours aussi agréable et instructif.

La suite de mon étude comparative dans 2 semaines, avec Eric Duhaime!

Michel Tremblay.

Ouais. Michel Tremblay.

Non, non, je ne vous rabâcherai pas une énième fois toute l’admiration que j’ai pour l’homme et son oeuvre. Je n’en penserai pas moins, mais bon, je crois que j’ai déjà maintes et maintes fois passé mon message sur ce blogue.

Mes fleurs, cette fois-ci, c’est plutôt sur une émission qui nous raconte Michel Tremblay que je vais les lancer. Une rue autour du monde – Chronique de la vie de Michel Tremblay, a été présentée en février sur les ondes de la Première Chaîne de Radio-Canada. Un épisode par jour pendant une semaine, pour faire le tour d’une carrière qui a été déterminante pour le théâtre et la littérature d’ici.

Le réalisateur Jacques Bouchard, qui avec son équipe a fait un travail de moine, a évité la bio conventionnelle. On est très loin de ça. Dans chacun des épisodes, il entremêle des extraits de pièces, de reportages diffusés à l’époque de certaines premières ou lors de la sortie de romans, des entrevues (d’archives ou faites spécifiquement pour la série) avec des amis, collaborateurs, acteurs ou actrices et, naturellement, avec Michel Tremblay lui-même.

C’est une immersion totale dans son univers et on se sent privilégié d’avoir accès à tant d’information. On a droit, en partie, à un cours en accéléré des quelques quarante dernières années de l’évolution culturelle québécoise. Michel Tremblay en a brassé des âmes sensibles! De l’utilisation du joual à une homosexualité assumée, il a aidé le Québec à ouvrir ses horizons, à s’accepter, à s’aimer. Vous doutiez de l’ampleur de ses réalisations? Consultez son CV complet disponible en ligne, il fait 159 pages.

Cette série je l’ai savourée en mode balado-diffusion, aux moments que j’ai choisis, parfois même en enfilant deux épisodes coup sur coup, en direct de mon iPhone. Que du bonheur! Pour faire la même chose, allez sur la page de l’émission, sélectionnez d’abord l’épisode 1, écoutez, appréciez…

Asterios Polyp est un architecte réputé. Un architecte « papier » réputé. Ça veut dire qu’il a bâti exclusivement sa réputation sur ses designs et non sur les constructions qui en a résultés. En fait, aucun design d’Asterios Polyp n’a été concrétisé à ce jour. Pourtant, Asterios Polyp a écrit plusieurs livres, donné plusieurs conférences et est de toutes les soirées mondaines de New York.

Asterios Polyp est aussi un enculé de première. Fortement imbu de lui-même, il rejette toute opinion qui n’est pas la sienne et prend plaisir à écraser ses interlocuteurs, y compris sa femme Hana.

Enfin, Aterios Polyp est un raté. Après avoir tout perdu, y compris son appartement dans un incendie, il vide son modeste compte en banque pour s’enfuir là où un autobus le mènera. Il se retrouve dans un bled perdu où il refera sa vie en tant que… mécanicien.

Asterios Polyp est un roman graphique de près de 350 pages de David Mazzuchelli qui contribue à donner à la bande dessinée ses lettres de noblesse. C’est une oeuvre complexe, complètement éclatée sur le plan narratif mais aussi sur le plan esthétique : le dessin diffère selon les situations et les palettes de couleurs changent d’un chapitre à l’autre. Et ça marche à merveille.

J’ai lu Asterios Polyp en une soirée et je vais probablement le relire pour m’assurer d’en assimiler toutes les finesses. L’histoire est ponctuée de références philosophiques et métaphysiques et les nombreux flashbacks rendent l’expérience de lecture délicieusement tordue.

À lire absolument!

Playlist de la semaine

Ariane Moffatt
MA
Pour son quatrième album Ariane s’est payé un trip créatif plutôt singulier. En plus de composer, interpréter et réaliser toutes les chansons, elle a aussi joué tous les instruments. Impressionnant, d’autant plus qu’il s’agit à mon avis (et de loin) de son meilleur album. Contrairement aux albums précédents, qui renfermaient toujours 2 ou 3 chansons so-so, MA se savoure avec plaisir de la première à la dernière note. Comme toujours avec Ariane on trippe sur les arrangements. Même que sur ce point, elle a haussé sa performance d’un cran. Et contrairement à certains, je suis bien content qu’elle chante en anglais sur plus de la moitié des chansons car elle aura peut-être la chance de faire étalage de son talent fou à l’ouest et au sud.

D’autres sorties d’intérêt cette semaine :

School of Seven Bells
Ghostory
Le trio est devenu duo car la moitié des soeurs Deheza a quitté il y a déjà un peu plus d’un an. Heureusement, la dreampop de SoSB n’en a nullement souffert. C’est toujours aussi supérieur à la moyenne. On sent toutefois un désir de muscler un peu plus le son, même si la voix d’ange d’Alejandra Deheza adouci immanquablement l’ensemble. Si vous ne connaissez pas encore le band, allez-y aveuglément sur n’importe lequel des 3 albums. En autant que le genre vous branche!
Steve Hogarth & Richard Barbieri
Not the Weapon But the Hand
Le chanteur de Marillion et le claviériste de Porcupine Tree unissent leurs efforts : plutôt alléchant comme proposition, non? Après deux écoutes complètes, je peux dire que le résultat est d’une belle finesse. Ceux dont le prog exècrent, revenez! On a plutôt affaire en majorité à des pièces dépouillées et vaporeuses qui mettent en valeur la magnifique voix de Hogarth. Les deux bonhommes se tiennent assez loin des envolées pompeuses de leur day job respective. Fort bon.
Daran
L’homme dont les bras sont des branches
Le petit peuple du bitume (il y a 4 ans) fut pour moi un véritable coup de coeur. Depuis, Daran s’est installé au Québec et s’est assuré la collaboration de musiciens québécois pour ce nouvel album. Première constatation : ça semble beaucoup moins rock que le précédent. On verra bien si le charme opèrera pour celui-ci.
Plants and Animals
The End of That
Troisième album du trio indie rock montréalais après le très bon Parc Avenue (2008) et le moins bon La La Land (2010). Les critiques sont très élogieuses à date. Ça ne me tentait pas trop mais là…
Django Django
Django Django
Le premier album de ce groupe londonien arrive au Québec précédé d’une solide réputation. L’album a en effet fait la joie des critiques de la BBC, du Guardian et de NME! Ben hâte d’entendre cette pop psychédélique à saveur rétro.