Billets avec le mot-clé : bouffe

Au moment où je commence ce billet, il ne me reste quelques jours de vacances à déguster. J’étire ces heures de bonheur devant un éblouissant soleil de fin de journée, bien installée sur la terrasse de notre pied-à-terre montréalais des derniers jours, le Zéro-Un (découvert sur Expédia). Avant de vous entretenir plus en détails sur les bonnes et belles choses vues et dégustées ici, voici un retour sur la première escale de nos vacances gourmandes, notre séjour au Bic…

Le Mange Grenouille

Je fréquente le Bic depuis aussi longtemps que je fréquente mon chum qui a passé sa jeunesse à Rimouski, plus de 20 ans. On peut donc dire que ça fait à peu près le même temps que j’ai envie d’essayer l’Auberge du Mange Grenouille. Pour la petite histoire, cette auberge retapée par un couple de comédiens tombés amoureux de la région, est réputée pour son accueil chaleureux, son décor original et sa bouffe à damner tous les saints du ciel. Endroit par excellence pour ne plus se pouvoir tellement c’est bon!

Après un apéro sur une terrasse intime avec vue sur les îles du Bic (rien de moins!), on nous fait pénétrer dans un univers digne d’un décor de théâtre, le royaume de la grandiloquence, du kitsch de bon goût et du dépaysement. L’atmosphère y est feutré, c’est intimidant et invitant tout à la fois. À peine assis, on adore déjà!

Côté bouffe, c’est la totale! Quasi tous les sens sont mis à contribution. Le plaisir est autant pour les yeux que l’odorat, et que dire du goût… Furent dévorés dans la joie et l’allégresse :

- Lamelles de canard, crémeux de jaunes d’oeuf, pétales d’oignons en aigre doux, pain de campagne, duxelle et gésiers confits.
- Wapiti, courge caramélisée, légumes de saison, muesli grillé, jus aux épices.
- Pintade de la Petite Campagne, beurre de noix au thym, céleri-rave, chair de cuisse confite et champignons sauvages.
- Chocolat en croustillant, orange confite et caramélisée, tartelette aux agrumes.

Oui, ça coûte l’équivalent de quelques St-Hubert mais on ne regrette absolument pas cet investissement dans le bonheur de nos papilles. Vivement la prochaine fois.

Chez Saint-Pierre

Sans rien lui enlever, Bic est un village gros comme ma main et Dieu sait que j’ai de petites mains! C’est d’autant plus impressionnant de retrouver deux antres de la gastronomie à quelques kilomètres l’un de l’autre. C’est Chez Saint-Pierre, à 2-3 coins de rues du Mange Grenouillle, qu’était notre 2e rendez-vous avec le bon manger du Bic.

On avait télévisuellement fait connaissance avec la jeune chef Colombe Saint-Pierre (pour la connaître, lire cette entrevue publiée récemment dans Le Soleil) lors d’un épisode particulièrement hilarant de Curieux Bégin. Son rire contagieux, tout comme son talent derrière les fourneaux, nous ont donné le goût de découvrir son resto.

Chez Saint-Pierre, nous sommes ailleurs (façon de parler). L’ambiance feutrée et plus « formelle » du Mange Grenouille, est remplacée par une ambiance de type bistro plus conviviale. La salle à manger contient au maximum une quinzaine de tables, qui sont pratiquement toutes occupées en ce mardi soir. Ici pas de menu, c’est l’ardoise qu’on adosse près de la table pour qu’on puisse faire nos choix. Tout comme au Mange Grenouille la veille, les produits régionaux sont à l’honneur ici aussi, de l’entrée au dessert. Les poissons et fruits de mer y font bonne figure et c’est d’ailleurs ce qui s’est retrouvé dans mon assiette : pétoncles en entrée, bar rayé comme plat de résistance. Quant à Burp, il s’est laissé tenté par le risotto de champignons et par le pigeonneau. Ici aussi c’est le sommelier de la maison qui a guidé notre sélection de vins, des choix fort heureux en beaujolais et chablis.

Dire que nous avons très bien mangé relèverait ici de l’euphémisme. On goûte la passion dans chaque bouchée. La saveur de la moindre épice semble avoir été analysée afin de se marier le plus adéquatement possible au contenu de notre assiette. Tous les produits sont mis en valeur et se complètent les uns les autres.

Le service est tout aussi sympathique qu’au Mange Grenouille et on se demande pourquoi avoir attendu si longtemps avant de se payer ce luxe délicieux. On y retournera, c’est une promesse.


Crisse d’argent oblige, nous avons pris la décision de ne pas voyager à l’étranger pour nos vacances de 2011 et plutôt opté pour de petites saucettes chez les parents respectifs au Bic et à Saint-Félicien en plus d’une visite à Montréal.

Restait maintenant à rendre ces saucettes différentes des visites habituelles. Tiens, pourquoi ne pas faire des vacances un trip gastronomique? Pourquoi ne pas en profiter pour visiter les restos qui font partie de notre liste des faudrait-ben-aller-là-un-m’ment-d’né?

On a débuté les hostilités tout juste avant de quitter Québec puisqu’on venait d’apprendre l’ouverture récente du nouveau projet de l’ancien chef du Panache, François Blais.

Le Bistro B est glorieusement situé à l’angle des rue Aberdeen et Cartier, là où le Momento a siégé pendant plusieurs années. Le concept du resto est tout à fait dans mes cordes : le menu est constitué au gré des inspirations journalières du chef. Les invités ont ainsi le choix entre 3 entrées, 3 plats principaux et 3 desserts. That’s it!

Malheureusement, je ne peux pas dire que la bouffe fut à la hauteur des attentes. Ce soir-là j’avais opté pour une entrée de carpaccio de boeuf avec le risotto aux fruits de mer en guise de plat principal. Le carpaccio était garni de moutarde de meaux à un point tel que j’ai été incapable de saisir le goût du boeuf et des autres ingrédients. Le risotto n’était pas mauvais mais il n’avait rien de spécial non plus. La présentation était très élémentaire : une splouche de risotto au milieu de l’assiette, sans décoration (hormis un filet de sauce rouge pas rapport en périphérie) ou accompagnement. La texture était aussi un peu trop liquide à mon goût. La cuisson et le goût des fruits de mer étaient par contre irréprochables.

Bref on ne peut parler d’une soirée désagréable, mais pour le prix payé je ne peux pas dire que cette première expérience fut un succès.

Malgré cela, il y a trop de potentiel dans ce restaurant pour lancer la serviette. Il est fort bien situé et joliment décoré, l’ambiance est sympathique et le chef jouit d’une solide réputation. J’attends que le Bistro B atteigne sa vitesse de croisière et j’y retourne, c’est sûr.

Par ailleurs, gardez l’antenne pour nos aventures gastronomiques bicoises et félinoises…

… tout simplement les Handkerchief pasta with pesto de Farina. À ajouter dans votre liste d’incontournables de San Francisco!

Handkerchief pasta with pesto de chez Farina, San Francisco

Moine Échanson

Les premiers jours qui ont suivi l’arrivée dans notre nouveau quartier, enivrée par les boîtes empilées jusqu’au plafond et le parfum du Hertel, j’avais envisagé de faire ponctuellement des billets sur ce nouvel environnement. Boutiques spécialisées, épiceries fines, boulangeries, restaurants, bref, les commerces de proximité agréables à fréquenter qu’on prend plaisir à (re) découvrir. Eh bien après plus de 2 mois, c’est aujourd’hui que je me lance pour cette nouvelle catégorie et avec un candidat de choix : Le Moine Échanson.

Ça faisait déjà un bout qu’on me disait de belles choses au sujet de ce restaurant, et j’aimais bien m’étirer un peu le cou en passant devant sa vitrine. Une salle à manger aux dimensions microscopiques, des banquettes aux allures de banc d’église, le menu à la craie sur les ardoises aux murs, ça m’a toujours semblé invitant. Toutefois, malgré que Le Moine Échanson soit ouvert depuis quelques années déjà, c’est seulement la semaine dernière que nous avons enfin succombé.

Tant qu’à faire, c’est à 10 que nous vécu notre initiation à l’expérience gastronomique du MÉ. Personne de notre groupe n’avait encore essayé ce resto et nous avons tous fait honneur aux bonnes et belles choses qui nous ont été servies. Le concept du resto est basé sur les arrivages de vin, donc le menu change à toutes les saisons sauf pour quelques incontournables qui sont disponibles à l’année longue. Le choix se limitait à 6 entrées et 5 plats principaux, mais il a fallu se faire violence pour faire trancher tellement les descriptions faites par notre serveuse mettaient l’eau à la bouche.

Côté vino, c’est le principe du consommateur / payeur. On laisse les bouteilles sélectionnées sur la table et on ne facture que ce qui est bu. J’avoue que dans notre situation ce concept n’a pas eu besoin d’être appliqué car le contenu des bouteilles a été consommé allégrement, sauf qu’en tête-à-tête, si on file plutôt bulles en apéro, blanc à l’entrée et rouge pour le plat principal, c’est là que ça devient génial. D’ailleurs, lorsque la quantité des convives est plus propice, on prend le temps de discuter plus longuement des accords mets / vins pour chacun des services, afin que l’expérience gastronomique soit encore plus complète. Avec 10 personnes autour de la table, on nous a fait comprendre qu’un tel exercice était impossible, cela dit, on nous a quand même très bien conseillé.

Sans entrer dans les détails de tout ce que nous avons senti et goûté, je dirai seulement que la crème brûlée au foie gras a été un très gros hit de la soirée et l’arrivée de chaque assiette déclanchait des Oh! et des Ah! de ravissement. Mon chum a été jusqu’à oser le boudin et moi j’ai eu le culot de ne pas finir mon morceau de nougat maison au dessert. Tout le monde a mangé plus qu’à sa faim et, verdict unanime, on va y retourner!

Mise à jour : Le Moine a un nouveau site web!

Ce fut un très merry Noël cette année. Et j’ai eu de beaux cadeaux qui aussi en disent long sur les perceptions qu’ont mes proches de ma personne déchéante. Voyez plutôt:
Scotch Lagavulin
Scotch Single Malt Lagavulin 16 ans. Paradis tourbé au fond du verre. Divin.

Porto Calem
Ensemble à dégustation de Porto « Port for Two » de Cálem. Est-ce que ça doit être absolument for two?

Flasque à boisson
Flasque à boisson pour la route. Faut ce qui faut.

Twin Peaks
Ça c’est un auto-cadeau. Je n’ai jamais vu cette géniale série au complet. J’y remédie!