Billets avec le mot-clé : danse

Parfois la vie te fait un beau petit clin d’oeil. Une subtile parenthèse, naturellement imprévue à l’horaire, qui rend ta journée un peu plus spéciale que celle des autres. Ça n’arrive pas trop souvent, mais aujourd’hui (en plus j’en avais besoin!), ça s’est produit.

Réunion de travail oblige, j’ai dîné dans les locaux de La Rotonde, endroit où sont également situés les studios de l’École de danse de Québec. Juste avant de quitter les lieux, on croise le chorégraphe Harold Rhéaume qui nous invite à assister à un enchaînement de l’un des tableaux de la production Où tu vas quand tu dors en marchant…?, qui sera présentée dès jeudi dans le cadre du Carrefour international de théâtre.

Mise en contexte : OTVQTDEM, est un concept assez, pas mal, extrêmement éclaté, né entre autres de l’imagination du metteur en scène Frédéric Dubois. Vous irez lire les liens qui ponctuent ce billet pour mieux comprendre, mais dans les grandes lignes il s’agit d’un spectacle déambulatoire gratuit qui intègre théâtre, arts visuels, musique et danse, présenté en 6 tableaux de 21h00 à 23h00, les 28-29-30 mai, dans le quartier St-Roch.

Le dernier tableau de ce show hors de l’ordinaire, La Noce, est chorégraphié par Harold et aura lieu sur le parvis de l’église St-Roch. C’est à un avant-goût de cette Noce auquel j’ai eu le privilège d’assister cet après-midi. Je n’ai vu qu’environ 5 des 7 minutes que durera ce numéro et j’ai été subjuguée! Seize danseurs vêtus pour une vraie noce, qui font la fête au son d’une musique de circonstance dans une chorégraphie survoltée qui met un gros sourire dans le visage et qui donne envie de se joindre aux danseurs pour célébrer avec eux. C’est frais, sans prétention et ça prouve encore une fois que la danse contemporaine vue par Harold Rhéaume c’est merveilleux et surtout accessible.

Un bon papier du Soleil paru samedi sous la plume de Nicolas Houle, réussit à bien décrire le contenu du circuit complet de OTVQTDEM. Je prie pour qu’il fasse beau au moins un soir d’ici samedi et je vais tout faire pour y assister. Manifestez-vous pour nous dire ce que vous en avez pensé si vous y allez, ça semble trop original comme concept!

Tiens, avant d’être submergée par mes mondanités de la semaine, une bonne dose de vrac avec quelques sujets qui me trottent dans la tête…

Lhasa
Depuis quelques jours j’ai la chance de pouvoir écouter le nouvel album de Lhasa De Sela, du bonbon pour les oreilles! Un folk brut qui flirte subtilement avec un genre de country urbain actuel, avec la voix de Lhasa toujours aussi envoûtante en prime. Pas d’hésitations inutiles, achetez-le!

Dominique
Me semble que la nouvelle est un peu passée inaperçue mais Dominique Poirier revient à la SRC. Dès le 8 juin elle occupera la case horaire de Christiane Charette pour tout l’été. Je n’ai rien contre François Bugingo qu’on retrouvait à cette heure depuis quelques années, mais le retour de Dominique Poirier est une excellente nouvelle!

Paul
J’ai terminé ma lecture fort émotive de Paul à Québec. J’en reparlerai plus longuement dans un autre billet, en attendant je peux juste dire que c’est une réussite.

Gustave

Une job de malade! Dix ans pour numériser 4 500 pages « brouillons » de Madame Bovary. Gustave Flaubert pouvait bien dire : « Quel sacré livre ! Il me fait mal ; comme je le sens ! ». On peut lire l’article de Télérama (ben oui, encore eux) pour les détails ou aller directement sur le site de l’Université de Rouen pour accéder au roman avec la version manuscrite et la transcription avec ratures et corrections de Flaubert. Pour la curiosité de la chose seulement, pas un format idéal pour lire l’intégrale…

Pinoshit

Le « shit » n’est pas une coquille, c’est tiré du titre de la pièce Viva Pinoshit à laquelle j’assite mardi soir à Premier Acte. Une création collective qu’on annonce comme un « laboratoire politico-artistique [qui] pose un regard tranchant et engagé sur les merveilles humaines que sont la société, le capitalisme, la démocratie, la liberté et les droits humains ». Intrigant!

José
Navas! Chorégraphe et danseur que je verrai sur scène pour la première fois jeudi dans Anatomies, une production qui est précédée de fort belles rumeurs. J’ai hâte!

Ouf! :-)

Me semble que je me suis faite plus rare ici ces derniers jours… Pas une minute à perdre, rattrapons vite tout ce temps perdu avec un billet du vendredi plein de beaux gros sujets à intérêt plutôt variable.

  • Je capote sur ce potin, Dexter et Debra, frère et soeur dans la série, sont mari et femme dans la vie. Et dire que je croyais Michael C. Hall gai depuis que j’ai vu Six Feet Under. Weird!
  • Une semaine après le retour de Philippe Fehmiu à la barre de Fréquence Libre, j’avoue m’ennuyer déjà de Catherine Perrin qui l’a remplacé pendant la relâche. Désolée Philippe…
  • Si en moins d’un mois j’ai entendu 3 fois (non intentionnellement!) la chanson Let’s go all the way, est-ce que ça veut dire quelque chose?
  • Si en plus j’ai chanté toutes les paroles des chansons des BB pendant Star Académie, ce, sans JAMAIS avoir acheté le moindre de leurs albums, est-ce que ça aussi ça veut dire quelque chose?
  • Allez voter pour les Zapettes d’or sur le site de C’est juste de la tv, parce qu’il faut absolument que la parodie de Curieux Bégin de Marc Labrèche gagne dans sa catégorie.
  • Fans de Watchmen, voyez sur le site de Slate ce à quoi on aurait pu avoir droit si d’autres réalisateurs, comme Woody Allen ou Jude Apatow, avaient adapté la BD.
  • Pas ma tasse de thé les analyses financières mais, juste pour votre info, c’est le nouveau boss de la Caisse de Dépôt qui m’a fait perdre mon ancienne job. Continuera-t-il à prendre d’aussi bonnes décisions maintenant qu’il gère notre argent?
  • Pour une excellente initiation à la danse contemporaine, courez voir Ma soeur Alice à Méduse. Il reste une représentation samedi à 19h. Un gros Wow!

Sur ces belles paroles, je vous souhaite sincèrement une superbe fin de semaine!

Festival d'été de Québec 2008

Confidence : ce matin j’avais rédigé un excellent billet (bien meilleur que celui-ci, juré-craché) pour vous décrire cette journée bien chargée. Cependant, par inadvertance, j’ai appuyé sur une mauvaise touche et ai effacé tout mon texte. Après quelques « câlice de tabarnak, d’esti de câlice » bien sentis, j’ai pris quelques bonnes respirations, ai laissé passé quelques heures et ai décidé d’écrire un nouveau billet. Voici ce que ça donne, désolée…

Samedi matin je planifiais une grosse journée, et très grosse elle fut! J’ai quitté la maison un peu avant midi et lorsque je suis revenue un peu plus de 12 heures plus tard, je n’ai pas eu besoin de berceuse pour m’endormir. Petit retour sur cette journée chargée…

Le fil de l’Histoire
Notre bureau travaille depuis quelques mois avec la compagnie Le fils d’Adrien danse, qui présente le spectacle Le fil de l’Histoire, dans le cadre du 400e. On s’entend qu’il y a plus accessible que la danse contemporaine, cependant Harold Rhéaume a réussi de main de maître à démocratiser cette forme d’art en sortant la danse dans la rue.

Voici le topo : une dizaine de danseurs, vêtus de rouge flamboyant, partent de la cour du Vieux-Séminaire et déambulent dans les rues du Vieux-Québec jusqu’au Musée de la civilisation. Le chorégraphe s’est inspiré de la Fête-Dieu et a planifié certaines pauses lors du parcours pour permettre aux danseurs d’effectuer quelques numéros et d’interagir avec le public.

Le résultat est plus qu’étonnant. C’est un des plus beau spectacle de danse qu’il m’ait été donné de voir et à elle seule, la réaction du public et des passants valait la peine. Sortez de votre zone de confort et essayez ça un show de danse. C’est gratuit, ça dure environ une heure et c’est présenté toutes les fins de semaine de juillet (samedi 14h et 20h30 et dimanche 14h). Voyez ce qu’en a dit Le Soleil d’aujourd’hui.

Rencontres
Objectif suivant, assister au spectacle commémoratif Rencontres, présenté dans le cadre du 400e. Après avoir réussi à rejoindre Burp (vive les cellulaires!) nous avons retrouvé nos copains (re-vive les cellulaires!) qui eux étaient déjà installés dans les gradins en face de la fontaine de Tourny où était présenté le spectacle. Même si nous avons passé 2 h 30 debouts, dans la foule, au gros soleil, on ne l’a pas regretté.

Malgré certains choix douteux (medley de Maurane, longueur de certaines numéros) l’idée de réunir de grosses pointures comme Charlebois, Dubois et Dufresne avec de nouvelles figures comme Marie-Jo Thério, Arianne Moffatt et Karkwa, ce, dans un concept qui évite de reproduire un gros show de la St-Jean, a réussi à faire oublier la déception qui a suivi le show du 31 décembre. Yves Jacques, dans le rôle d’un Samuel De Champlain plein d’éloquence et d’humour, en plus des acrobates et de la mise en scène imaginative, a ravi tout le monde.

Mon moment fort : Ariane Moffatt et Karkwa dans une reprise très karkwaesque de Bozo et du Tour de l’île de Félix.

Clepper/Stars/Feist

Avec tout ça faut pas oublier qu’il y a un Festival d’été en ville! On décide donc d’aller prendre place au Pigeonnier, où Emilie Clepper s’apprête à débuter son tour de chant. Tâche ingrate quand on sait très bien que le public est là pour entendre les têtes d’affiche, toutefois avec son air candide et ses sympathiques chansons folks, EC a très bien fait la job.

Même sans connaître le répertoire de Stars sur le bout des doigts, j’avais hâte d’entendre « live » le joli mélange de leurs voix sur scène. Le résultat est très probant sauf que les premières parties de ces spectacles extérieurs, ont l’odieux de se produire sans éclairage, lorsque le public circule encore tout autour pour se trouver un emplacement de choix. C’était très bon, mais j’aurais préféré dans un autre contexte.

Avec Feist c’était un peu la même chose mais en pire. On dirait que les gens qui étaient dans notre section agissaient comme s’ils étaient dans un bar. Je comprends qu’on est dans un show en plein air mais c’est dommage que le bruit ambiant des conversations l’emporte sur le spectacle. Encore là, j’aurais préféré applaudir Feist dans un contexte plus intime comme L’Impérial. Ça n’a pas empêché le concert d’être un succès, avant même les premières notes il était impossible d’accéder au site et la foule, majoritairement féminine, entonnait systématiquement en choeur le moindre de ses hits.

Pause visite ce soir mais il reste quand même une semaine de shows à se taper. À suivre dans les prochains jours!

Oui, je suis toujours aussi top néophyte qu’hier en danse contemporaine. Toutefois, même si je maîtrise toujours aussi mal les codes de la danse et qu’il me manque plusieurs repères pour pouvoir apprécier à sa juste valeur les multiples langages chorégraphiques, ce soir j’ai pogné de quoi

L’art ne s’explique pas, il se ressent. Certains peuvent vivre de grandes émotion devant un tableau, à l’écoute d’une symphonie ou alors d’une chanson de Boom Desjardins. L’un crie au génie, l’autre hausse les épaules, ça demeure un mystère…

Dans Lost Action de Kidd Pivot, qui a pour thème central la guerre, les 7 danseurs (4 hommes, 3 femmes) nous transportent dans un univers trouble. Que ce soit en duo, quatuor ou en solo, les mouvements coulent de source et on réussit à nous faire ressentir des émotions parfois très fortes. La violence et la tendresse qui se côtoient d’une façon si « délicate », m’ont à quelques reprises fait monter les larmes aux yeux. Il y a quelque chose de troublant et de sensuel à voir bouger des corps ainsi. Ces corps parlent, le message passe…

Certains tableaux, par la dynamique des gestes, le côté athlétique des danseurs et leur rythme saccadé lors de quelques passages, m’ont même rappelés Le Dortoir de Carbone 14, qui m’avait beaucoup marqué il y a presque déjà 20 ans. (en passant, il est rendu où Gilles Maheu???).

Non, je ne maîtrise pas suffisamment la danse contemporaine pour mettre en contexte l’oeuvre que j’ai vu, je ne peux pas me référer à des choses concrètes pour l’expliquer. Je suis malhabile pour décrire ce que j’ai vu et le pourquoi j’en ai été touché, mais je crois sincèrement que ce n’est pas important. Il reste 2 soirs à Québec et ce sera à Montréal dès la semaine prochaine.

La chorégraphe Crystal Pite, a donné une bonne entrevue au Voir et elle y explique sa démarche. À lire pour mieux comprendre ce que j’essaie d’expliquer depuis 5 paragraphes!