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Émotion! Ceci est le #99 de ce périple de 100 livres en 100 semaines et donc mon dernier billet de ce marathon. Ouf!

Finissons en grand avec un livre qui combine job et passion : les médias sociaux.

Les médias sociaux en entreprises – Les comprendre, les utiliser et en tirer profit, est un livre à 6 mains, signé par Guillaume Brunet, Martin Lessard et Marie-Claude Ducas. Guillaume Brunet, de Substance stratégie, je le côtoie à l’Observatoire des médias sociaux en relations publiques de l’université Laval, Martin Lessard, entre autres blogueur pour Triplex, je l’ai déjà croisé dans une autre vie pendant notre baccalauréat en communication à l’UQAM, et Marie-Claude Ducas, journaliste et blogueuse, je la connais par ses écrits et j’ai toujours bien aimé ses propos sur les médias, qu’ils soient « sociaux » ou non.

Ici, pas de novices en la matière qui profitent de l’engouement pour les médias sociaux pour sortir un livre sur le sujet. Eh non! Les médias sociaux en entreprise est un bouquin passionnant, bourré d’exemples, qui donne l’heure juste et qui fait le tour de ce que ça implique, pour une entreprise, d’être présent sur les Facebook et autres Twitter de ce monde.

En quelques 150 pages bien tassées (c’est d’ailleurs le seul point faible de ce livre, la densité de sa mise en page), LMSEE se divise en deux parties qui font le tour des 6 étapes essentielles quand on envisage une présence sur les médias sociaux : Comprendre, Se questionner, Écouter, Agir, Entretenir et Évaluer.

Des choses sur les médias sociaux, il s’en dit et s’en écrit des tonnes. Du contenu de référence, pertinent, bien documenté, en français et à la sauce québécoise en plus, c’est plutôt rare. Ce livre a confirmé certaines de mes pratiques, a apporté un éclairage intéressant sur des aspects que je maîtrise moins et m’a aussi appris des choses que j’ignorais.

J’ai bien aimé le fait que l’on insiste plus sur le côté stratégie que sur les outils utilisés. Comprendre les médias sociaux, ça va bien au-delà de savoir comment ouvrir une page Facebook.

Définitivement à lire pour quiconque travaille dans le domaine.

 

Après une histoire de pirates pour mon #95, pourquoi pas une histoire de cowboys pour mon #97?

Aussi incongru que cela puisse paraître, autant le Griffintown de Marie-Hélène Poitras est urbain et actuel, autant il transpire le western à la Leone.

Étonnant mais ce roman m’a plu pour les mêmes raisons pour lesquelles j’étais réticente à le lire. Une histoire de cowboys? Issshhhhh….. Pourtant.

Ce qui aurait pu n’être qu’un polar urbain dans l’univers des cochers montréalais, devient un récit qu’on croirait planté quelque part au Far-West avec les bons, la belle et les méchants. Question de ton, de rythme, Marie-Hélène Poitras réussit à bien doser pour éviter de tomber dans le banal exercice de style. On se laisse prendre au jeu dans cette atmosphère atypique qui règne sur Griffintown.

L’histoire en tant que telle en devient presque accessoire, ce sont les personnages plus grands que nature qui prennent toute la place. Les personnages oui, mais aussi les chevaux. Ces magnifiques bêtes qu’elle doit sûrement aimer d’amour pour les décrire avec tant de justesse et de respect, tout comme elle l’avait déjà fait dans son recueil de nouvelles La mort de Mignonne et autres histoires.

J’aurais parfois aimé qu’elle passe plus vite sur certains passages mais, en quelques 200 pages, rien pour nous faire trop décrocher. Intéressant!

Juste de même, il ne me reste qu’un seul livre pour compléter ce marathon de 100 livres en 100 semaines! Ouf!

 

Un peu plus d’une quinzaine d’illustrateurs sont réunis dans « l’anthologie graphique » The Beats, une histoire de la Beat Generation. On y raconte Jack Kerouac, Allen Ginsberg et William S. Burroughs bien sûr, mais aussi Kenneth Patchen, Diane di Prima, Lawrence Ferlinghetti et plusieurs autres illustres membres de ce mouvement de la contre culture, dont la néophyte que je suis n’avais absolument jamais entendu parlé.

Honte à moi, je n’ai jamais lu Kerouac même si Sur la route repose depuis toujours dans notre bibliothèque. L’événement Kerouac qui a eu lieu à Québec il y a quelques semaines et la sortie au cinéma du film On The Road m’ont donné le goût d’en apprendre plus, cette BD m’a semblé un moyen sympathique pour y parvenir.

Mouais… Sympathique oui, mais moins que j’aurais pu le croire. L’idée des bios illustrées me plaisait bien, toutefois la traduction ne rend pas justice aux Kerouac et cie. En plus d’effleurer leur parcours, on se limite à évoquer une série d’actions : il est né, il a rencontré X, il a bu, il a publié, il a voyagé, il est mort. J’exagère a peine. C’est répétitif, drabe, limite ennuyant à la longue.

Comme il s’agit quand même d’une époque foisonnante, je m’attendais à beaucoup plus. Même si l’ensemble m’a déçu, certains destins donnent le goût de creuser pour en savoir plus et quelques récits réussissent à sortir du lot. Prochaine étape, le visionnement de Holw sur Netflix, film dans lequel James Franco interprète le rôle de Ginsberg et qui raconte le procès intenté lors de la publication de son poème Howl. Ça semble plus prometteur.

De mémoire, à sa sortie il y a quelques années,  on disait beaucoup de bien La bar-mitsva de Samuel. On soulignait particulièrement l’humour bien aiguisé et le regard sans complaisance que l’auteur posait sur la culture québécoise. En effet, c’est très bien aiguisé et surtout sans aucune complaisance…

Le roman de David Fitoussi qui se passe dans les années 70, raconte l’arrivée d’un jeune juif français à Montréal avec sa famille recomposée, ses premiers émois d’adolescent et la préparation de sa bar-mitsva.

Dès le début on sait vite à quoi s’en tenir. C’est drôle, souvent irrévérencieux, on se doute que personne ne s’en sortira indemne. Sa mère est une hystérique finie, son beau-père un bon à rien et le narrateur (Samuel) n’a pas plus de sympathie pour sa soeur, son demi-frère ou le reste de sa famille. D’ailleurs, qu’il s’agisse de l’école, de ses profs, de la température ou des québécois en général, absolument RIEN ne trouve grâce à ses yeux.

Pendant le premier quart du livre, j’ai aimé ce ton-là. À partir du tiers, le malaise a commencé a prendre le dessus sur les rires. Personnellement j’ai un peu de misère quand aucun personnage de roman n’est « aimable » et dans ce cas-ci il y en a zéro-pis-une-barre. Pas un. J’aurais aimé prendre parti pour Samuel, admirer son côté baveux, mais j’en ai été incapable. Le récit a perdu de la crédibilité au fil des pages et, même si je suis capable d’en prendre, la vulgarité l’a parfois emporté sur la subtilité.

C’était pourtant si bien parti. Dommage.

 

Dès le départ une auteure québécoise qui écrit un roman sur fond de guerre de Sécession américaine, ce n’est pas banal. Dominique Fortier a eu ce beau culot de planter son récit au coeur des conflits raciaux nord/sud, pour raconter des destins très loin de son univers personnel.

La porte du ciel a comme fil conducteur le sort des esclaves en Louisiane. On y suit Eve, jeune noire qu’un médecin aux idées progressistes prendra sous son aile, espérant lui offrir un avenir moins sombre que celui de sa mère et ses frères.

Son récit sert de prétexte pour faire un portrait de cette époque, de la misère vécue dans les deux camps, de cette guerre civile qui a déchiré les États-Unis.

J’ai bien aimé le regard posé par Dominique Fortier. Avec le mot juste, sans creuser outre mesure l’univers de ses protagonistes, elle réussit à nous en dresser un portrait efficace. Des personnages qui se veulent secondaires donnent beaucoup de relief au récit, et notre intérêt pour l’histoire se maintient jusqu’aux dernières pages malgré quelques passages un peu plus faibles.

Très contente d’avoir enfin lu mon premier Dominique Fortier, La porte du ciel est déjà son 3e roman depuis 2008.