Billets avec le mot-clé : livres 100/100

Judas Coyne est un vieux rocker de 54 ans en fin de carrière qui s’amuse à collectionner des objets macabres : de vieux grimoires, snuff films et autres cossins gothiques. Son agent lui mentionne que le fantôme d’un homme récemment décédé vient d’être mis aux enchères sur Internet par sa fille. Le défunt serait attaché à un vêtement lui ayant appartenu. Si ce vêtement trouve un nouveau propriétaire, le fantôme suivra.

L’occasion est trop belle pour Coyne, qui voit en ce fantôme l’ultime objet de collection. Il achète le vêtement (un vieil habit), qui lui est plus tard livré dans une boîte en forme de coeur, d’où titre. Il se rend compte rapidement qu’il ne s’agit pas d’un canular. Le fantôme ne perd pas de temps à se manifester, et il ne semble pas très sympathique…

J’avais le goût de lire un bon vieux roman d’horreur gothique et j’ai été fort bien servi avec Heart-Shaped Box, premier roman de l’écrivain américain Joe Hill (il a depuis écrit Horns). L’histoire est fort bien imaginée, on ne voit pas venir les rebondissements, et surtout, c’est assez bien écrit pour que le poil de la nuque nous r’trousse par moments.

Autre facteur de jouissance : le fantôme est méchant, et le demeure jusqu’à la fin. Pas comme ces films poches où on se rend compte à la fin que le fantôme est en fait un-gentil-qu’on-pensait-qu’y faisait-peur-mais-qu’en-fait-y-cherchait-de-l’aide-le-pauvre.

Ah, et pour votre gouverne, sachez que Joe Hill est le fils d’un auteur qui ne s’est pas trop mal débrouillé dans le genre fout-la-trouille : Stephen King.

À noter que ce livre a été traduit en français sous le nom de Le costume du mort.

Rien qu’en lisant le titre j’aimais déjà ce livre. Après la dernière page je l’aimais davantage.

Quiet: The Power of Introverts in a World That Can’t Stop Talking devrait réconforter les introvertis de ce monde qui peinent à trouver leur place dans une société où seules les grandes gueules extravertis sont mis en valeur. Bien plus substantiel qu’un quelconque manifeste psycho-pop, Quiet se veut une étude sérieuse, basée sur des faits, qui vise en gros à rappeler qu’au moins 33% des occidentaux ne sont pas à l’aise dans le modèle social actuel.

L’auteure Susan Cain a notamment examiné de près le fonctionnement de plusieurs entreprises qui privilégient la réflexion de groupe (groupthinking et brainstorming) à la réflexion individuelle et qui, se faisant, se privent d’un potentiel intéressant. Elle défile pendant un chapitre entier les études introvertis vs extravertis qui indiquent en gros que le premier groupe est plus efficace en raison d’une plus grande capacité de concentration et de raisonnement. Bien sûr, on devine qu’un auteur faisant l’apologie des extravertis serait probablement capable de trouver des études prouvant le contraire mais bon…

Selon moi ce livre devrait être lu par tous les chefs d’entreprise qui ont tendance à prendre pour acquis que tous leurs employés sont semblables et par tous ceux qui pensent qu’une personne réservée est forcément asociable, inintéressante et même incompétente.

Bravo et merci à Susan Cain pour cette réflexion à contre-courant.

D’importantes anomalies informatiques surviennent le même jour à différents endroits dans le monde, causant des dommages inquiétants  : un avion frôle l’écrasement au-dessus de l’Atlantique, un pétrolier échoue au Japon, la base de données des clients et le système comptable d’une société d’avocats de New York ne répondent plus.

Jeff Aiken, analyste informatique pigiste, est embauché par cette dernière pour déceler le problème. Il reçoit peu après un coup de fil de son amie Daryl, une analyste à l’emploi du gouvernement américain qui lui fait part des récents incidents. Ces événements sont-ils reliés? Est-ce là un signe inquiétant d’une cyber-catastrophe imminente?

Zero Day est un techno-thriller geek. Il a été écrit par Mark Russinovich, haut placé chez Microsoft et auteur de plusieurs livres sur Windows et la sécurité informatique. Disons qu’il était dans ses pantoufles pour concocter cette histoire de terrorisme nouveau genre.

Le sujet de Zero Day fait froid dans le dos car on a l’impression que tout y est plausible. Il est écrit par un expert en la matière qui a sûrement évoqué ce genre de scénario des dizaines de fois autour de la machine à café chez Microsoft. Malheureusement, il manque à Russinovich le petit « mmph » narratif qui rendait si efficace les thrillers scientifiques de Michael Crichton par exemple. Ou le Daemon de Daniel Suarez, que j’avais adoré il y a quelques années (et qui traite d’un sujet similaire). Également la fin n’est pas tout à fait à la hauteur du build-up somme tout très bien mené.

Demi-réussite, donc. Je n’ai pas perdu mon temps mais on ne peut parler d’une lecture pleinement satisfaisante.